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Publié le 14 mai 2020 | Anglais (langue seconde)

La vidéoconférence pour construire des ponts entre les communautés étudiantes

Cet article est une traduction d’un texte paru dans le volet anglophone de Profweb.

En 2017 et 2018, j’ai organisé 2 voyages très réussis à Vancouver avec mes étudiants inscrits dans le profil Langues du programme Arts, Lettres et Communication du Cégep Limoilou. Ce type d’échange culturel est un plus dans le parcours professionnel de nos étudiants et dans celui des étudiants de Colombie-Britannique. Pour cette raison, au cours de la session d’automne 2019, j’ai organisé une rencontre virtuelle pour permettre à de jeunes adultes vivant aux 2 extrémités du pays de tisser des liens entre eux.

Dans le cadre du cours Carnet de voyages, mes étudiants ont été en mesure de rencontrer virtuellement des étudiants au Baccalauréat en enseignement du français, langue seconde de l’Université de Colombie-Britannique (UBC). À l’aide de Skype, ils ont pu discuter des défis qu’ils rencontrent lorsqu’ils apprennent une langue seconde et en découvrir davantage sur les différents systèmes d’éducation (les cégeps au Québec et les universités en Colombie-Britannique).

Partager des expériences d’apprentissage

Au début de la session, le cours était axé sur la culture dans le Canada. Mes étudiants ont effectué des recherches sur les codes culturels et linguistiques: par exemple, les expressions canadiennes spécifiques à divers contextes culturels ou à certaines provinces, voire certaines villes. En équipe de 2, ils ont trouvé des exemples qu’ils ont partagés avec leurs camarades de classe. Les rencontres par vidéoconférence ont permis à mes étudiants de parler à des pairs d’une autre province avec qui ils n’auraient jamais eu normalement de contacts et d’apprendre en observant directement les similarités et les différences qu’ils vivent dans leur apprentissage respectif d’une autre langue.

Par ailleurs, mes étudiants ont été en mesure de s’approprier le rôle d’enseignant en expliquant en français aux étudiants de UBC ce que représente le cégep pour eux. Ce renversement des rôles a été intéressant à observer et a été une expérience valorisante pour eux, car les étudiants de UBC étaient plus vieux et étudiaient pour devenir enseignants.

Bref, les conversations ont permis aux étudiants:

  • d’en apprendre davantage sur des sujets qu’ils avaient abordés dans leurs classes respectives.
  • d’agir, à la fois, comme enseignants et étudiants
  • de pratiquer leurs compétences langagières et de prendre conscience des défis que pose l’apprentissage d’une nouvelle langue.
  • de vivre un apprentissage expérientiel s’appuyant sur un échange interculturel.

Préparation des visioconférences

J’avais l’idée d’organiser des échanges virtuels quand j’ai réalisé qu’il était possible d’être plus d’un interlocuteur pour un même appel Skype. J’ai décidé d’organiser les visioconférences avec ce logiciel, car j’étais déjà habituée à l’utiliser et qu’il venait d’emblée avec Microsoft 365.

J’ai réservé une classe d’apprentissage actif, car elle était munie de tableaux blancs interactifs sur lesquels j’espérais pouvoir projeter les appels vidéos. Malheureusement, les stations de travail sur lesquelles ils étaient connectés n’avaient pas de caméra. Pour ne pas compliquer les choses, j’ai emprunté des ordinateurs portables à la bibliothèque que j’ai distribués dans de petits groupes de 4 ou 5 étudiants qui étaient dispersés dans différentes parties de la classe. Les étudiants de UBC étaient installés d’une manière similaire à l’exception qu’ils étaient dans des pièces différentes, ce qui améliorait la qualité sonore.

Une salle d’apprentissage actif du Cégep Limoilou.

J’ai préparé une série de questions de discussion pour guider les conversations et favoriser les interactions spontanées. J’ai préconisé les petits groupes de travail. Cela permettait à chaque étudiant d’avoir la chance de parler. Nous avons rencontré quelques problèmes de bande passante, car les étudiants accédaient à internet sans fil. Utiliser une connexion filaire et placer les équipes dans différents locaux auraient amélioré la qualité de la vidéo et du son.

De petits groupes d’étudiantes du Cégep Limoilou en vidéoconférence avec des étudiants de UBC.

Le point de vue des étudiants

Les commentaires des étudiants ont été très positifs:

Cet échange était extrêmement enrichissant pour moi. En fait, j'aurais aimé qu'il dure trois fois plus longtemps. C'était incroyablement intéressant d'entendre le point de vue de Canadiens anglophones sur le français et la culture québécoise, et encore plus passionnant de discuter avec eux de nos défis en tant qu'apprenants de langues secondes, pour se découvrir finalement si semblables, malgré toutes nos différences.—Simone

C’était émouvant pour moi de voir des individus n’ayant pas le français comme première langue tomber en amour avec cette dernière. Cet échange m’a rappelé l’importance de communiquer, de partager avec des personnes différentes de nous, m’a rappelé qu’on ne peut pas juger autrui sans avoir essayé de les comprendre. De plus, j’ai réalisé, grâce à cet échange, que chaque province a ses idées préconçues des autres et qu’il est primordial de les défaire.—Frédérique

Avant de faire l’échange, j’étais très sceptique quant à son utilité sur mon apprentissage et mes connaissances. Par contre, j’ai été très agréablement surprise de ce que j’ai appris durant cette conversation et je suis ravie d’en avoir appris un peu plus sur leurs moyens d’apprentissages.—Justine

Les leçons à retenir

La force et la pertinence d’un échange, qu’il soit virtuel ou en personne, sont directement liées à son facteur humain. Même si d’autres plateformes de visioconférence offrent plus de fonctionnalités, la simplicité d’un appel Skype permet aux étudiants de se concentrer sur cette interaction humaine. Leurs témoignages confirment qu’ils ont trouvé que cette activité a été un ajout important dans leur travail sur les provinces et les territoires du Canada. Pour les futurs échanges, j’aimerais étendre la portée des échanges virtuels en offrant, par exemple, aux étudiants plus d’une occasion pour communiquer virtuellement, ce qui leur permettrait de tisser un lien plus significatif, et en leur proposant aussi de discuter des problèmes socioculturels actuels.

À propos de l'auteure

Muna Shafiq Docteure, spécialiste en littérature, elle enseigne dans le profil Arts, Lettres et Communication au Cégep Limoilou. Plus concrètement, elle enseigne le cours Carnet de voyages (en français et en anglais) ainsi que les cours généraux d’anglais langue seconde. Ses intérêts de recherche incluent le bilinguisme au Canada, les compétences communicationnelles et interculturelles, et la valeur ajoutée de vivre dans une société multilingue et multiculturelle.

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