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Publié le 13 février 2020 | Administration

Du magistral au cours en ligne: transformation d’un cours régulier en cours à distance

En 2012, j’ai mis sur pied le cours Gérer ses finances personnelles, un cours complémentaire de la formation générale au cégep Édouard-Montpetit. Ce cours se veut une introduction à la gestion de ses finances personnelles et s’adresse aux étudiants de tous les horizons qui n’ont aucun cours d’administration dans leur cursus scolaire. Depuis sa création, je donne ce cours en présentiel dans une forme traditionnelle, combinant exposés magistraux et périodes de discussion. Au fil des ans, j’ai eu envie d’explorer de nouvelles manières d’enseigner. Appuyée par la direction de mon cégep, qui désirait expérimenter des projets de formation à distance et continuer d’intégrer les technologies en classe, j’ai fait le grand saut et j’ai transformé mon cours régulier en cours à distance. J'ai opté pour une formule asynchrone intégrant 3 rencontres en présentiel (le premier cours et 2 examens).

De l’autoformation à l’enseignement

Pour entamer ce virage numérique, j’ai lu énormément sur la classe inversée et les cours à distance. J’ai aussi regardé de nombreuses capsules web et tutoriels pour apprendre à créer mes propres vidéos. De plus, Julie Dessureault, conseillère pédagogique et répondante TIC au cégep Édouard-Montpetit, a été d’une aide précieuse.

Au fil de mes réflexions et de mes lectures, j’ai cerné spécifiquement mes besoins et déterminé que Moodle était l’environnement numérique d’apprentissage qui convenait le mieux pour mon cours à distance asynchrone. De plus, j’ai réalisé qu’un bon cours en ligne devrait disposer d’un contenu qui suscite l’intérêt de l’étudiant, le tout présenté de façon ludique et structurée.

Je détenais déjà un avantage, car le cours Gérer ses finances personnelles, depuis sa création, a toujours été très apprécié par les étudiants. Je l’ai créé en fonction des besoins financiers d’un jeune de 17 à 25 ans. Ainsi, pour plusieurs, c’est la première fois qu’ils discutent de placement, de crédit, de budget, d’épargne, de l’achat d’une propriété, etc. Selon moi, l’intérêt suscité par les sujets couverts en faisait le cours idéal pour tenter une expérience de formation à distance.

Note de l’éditrice

Pour une première incursion dans le monde des vidéos éducatives, Profweb vous propose de consulter, sur son site, le dossier «Planifier, réaliser et diffuser des vidéos éducatives : lignes directrices et astuces pour les enseignants». Myriam Laberge vous suggère également l’article «How video production affects sutdent engagement : An empirical study of MOOC videos» [en anglais] pour comprendre l’efficacité des différents types de vidéos pédagogiques.

Structure de mon cours à distance

Le cours Gérer ses finances personnelles s’offre en 15 séances hebdomadaires de trois heures. Chaque semaine, les étudiants du cours en ligne ont un parcours à réaliser, c’est-à-dire des tâches à faire dans un ordre précis. Ils doivent lire des textes et visionner 10 à 12 capsules vidéo, chacune étant d’une durée de moins de 10 minutes. Pendant, qu’ils regardent les vidéos, ils doivent compléter les notes trouées que j’ai déposées sur Moodle. Chaque séance se clôture sur un questionnaire en ligne ou la remise d’un travail pratique.

Mes capsules vidéo prennent très souvent la forme d’une présentation PowerPoint filmée où j’apparais en mortaise dans la vidéo. Celles-ci ne sont pas trop scénarisées pour que l’enseignement reste naturel. J’ai préféré opter pour plusieurs brèves vidéos par séance pour garder l’attention des étudiants et pour que ces derniers notent plus facilement leur progression dans les tâches à réaliser.

Vidéo réalisée pour le cours Gérer ses finances personnelles. (source: Myriam Laberge)

Étant donné que j’ai dû créer un grand nombre de vidéos pour mon cours, j’ai choisi de les réaliser à l’aide de la version professionnelle de Screencast-O-Matic. Hormis cet abonnement, je me suis munie d’un casque d’écoute avec microphone pour que le son soit de meilleure qualité.

Je me suis également procuré un ordinateur avec écran tactile et stylet pour pouvoir résoudre en temps réel différents problèmes chiffrés lors desquels je filmais mon écran. Je rendais ensuite ces démonstrations accessibles à mes étudiants.

 Démonstration de résolution d’un problème chiffré. (source: Myriam Laberge)

Trois séances ont eu lieu en présentiel, soit le premier cours de la session et les 2 périodes d’évaluation à la mi-session et à la fin de la session. Lors de la première séance en classe, j’ai pu bien préparer mes étudiants à leur formation à distance, car pour une grande majorité d’entre eux c’était leur premier cours à distance à vie. Lors des 2 évaluations en classe, j’ai pris également le temps de les sonder et de noter les éléments qui, selon eux, pourraient être améliorés.

Susciter la discussion grâce à Facebook

Un cours en ligne nécessite d’être rigoureux et oblige les étudiants à être autonomes dans leurs études. Pour contrer l’isolement qu’un cours en ligne peut créer et pour m’éviter de répondre inlassablement aux mêmes questions par MIO, j’ai créé un groupe Facebook privé sur lequel les étudiants devaient poser leurs questions qui n’étaient pas d’ordre personnel. J’ai choisi Facebook, car tous mes étudiants avaient déjà un compte sur ce réseau social. Pour l’administrer, je me suis créé un profil Facebook professionnel. Cela m’a également permis de répondre plus rapidement aux questions grâce au mode clavardage. Le groupe Facebook a fait en sorte que les étudiants ont tissé des liens entre eux et ont pu s’entraider. Je l’ai utilisé aussi pour faire des rappels ponctuellement, rappels qu’ils allaient voir bien plus vite que sur une plateforme de cours.

Un rappel et un échange sur le groupe privé Facebook. (source: Myriam Laberge)

En présentiel ou à distance ?

Après cette première expérience de cours en ligne, je suis contente de constater que les étudiants ont grandement aimé cette formule de cours. Dans un sondage qu’ils ont rempli à la fin de la session, ils ont indiqué que les points forts du cours étaient:

  • le contenu qui correspond à leurs besoins
  • le fait qu’ils peuvent réécouter autant de fois qu’ils le désirent les capsules vidéo
  • la flexibilité que le cours en ligne leur procure
  • l’autonomie qu’ils ont pour étudier
  • le temps qu’ils sauvent puisqu’ils épargnent un déplacement au cégep

Dans les points à améliorer, ils m’ont mentionné qu’il serait pertinent :

  • de mettre en ligne un guide d’études pour l’examen final
  • de proposer une période de révision avant l’examen final
  • d’ajouter des vidéos et des exercices complémentaires pour leur permettre d’approfondir certains sujets abordés

Pour ma part, j’ai bien aimé cette formule de cours et me familiariser avec la création de capsules vidéo. D’ailleurs, je compte bien intégrer des notions de la classe inversée dans les prochains cours que je donnerai en présentiel. Cela me permettra de faire plus d’exercices en classe et moins d’exposés magistraux. Il n’y a qu’une chose que je n’ai pas pu reproduire dans mon cours en ligne : les discussions spontanées. Très souvent, dans la formule en présentiel, les sujets abordés pendant les cours menaient à des échanges intéressants où les étudiants partageaient leurs expériences personnelles. Pour les prochains cours en classe, j’essayerai de maximiser l’utilisation d’un forum de classe pour faire naître de véritables discussions.

En somme, 96% de mes étudiants ont été satisfaits de leur cours en ligne et le recommanderaient à un ami. Qui plus est, il n’y a pas eu de différence notable entre les moyennes des groupes qui ont suivi ce cours en ligne et les groupes en présentiel.

Cette première expérience de cours en ligne a été très enrichissante. Cela a demandé quelques ajustements, dont un temps considérable pour l’appropriation de Moodle et la création des capsules vidéo, mais je crois que tant mes étudiants que moi avons grandement aimé cette formule de cours!

À propos de l'auteure

Myriam Laberge Elle est enseignante au Département d’administration et de techniques administratives du cégep Édouard-Montpetit depuis 2004. Elle est membre de l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec (CPA) et détentrice d’une maîtrise en enseignement au collégial.

3 commentaire(s)

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    René Bélanger a écrit le 18 février 2020 à 11h11

    Un beau projet Myriam qui démontre que la marche n'est pas trop élevé pour développer un cours à distance. Des outils et une ligne de production qui permet de créer un cours intéressant. Un beau récit. Merci du partage qui pourra être une porte d'entrée pour des enseignants qui veulent médiatiser leur contenu.

  2. L’auteur vous répond

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    Myriam Laberge a écrit le 18 février 2020 à 12h07

    Merci beaucoup René :)

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    hippo kitambala a écrit le 25 février 2020 à 10h11

    Depuis quelques années, je m’exerce moi aussi à la mise en ligne de mes cours traditionnelles avec Moodle. Un beau récit d'expérience qui devrait m'inspirer et me stimuler davantage dans mon projet pédagogique. Merci

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