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Publié le 7 septembre 2009 | Multidisciplinaire

Utiliser les TIC en évaluation de programme : les hauts et les bas d’une première expérience

Quand je suis arrivé au Collège en août 2007 à titre de conseiller pédagogique, j’ai reçu le mandat de procéder à l’évaluation des programmes d’études. Sachant déjà que l’utilisation des TIC pouvait être utile pour faire une compilation rapide des données, j’ai demandé l’aide de mon collègue Michel Vincent, conseiller TIC, pour informatiser davantage les différentes étapes de l’évaluation (notamment, la consultation des étudiants, professeurs et diplômés à l'aide de questionnaires).

La force de la collaboration

Avant tout, nous nous sommes occupés de mettre en ligne les questionnaires. Cela allait se faire assez facilement avec les étudiants de notre Collège qui utilisent déjà le système Omnivox. Ce système nous permet de générer des formulaires comprenant des questions avec des échelles de Likert, de compiler des données et, même, de faire des moyennes (degré de satisfaction par exemple). Cependant il fallait tenir compte que répondre à un questionnaire en ligne est différent que sur papier. À la passation des questionnaires, nous avons été rapidement rassurés car les étudiants étaient généralement ravis d’y répondre en ligne.

Michel Vincent

La consultation des diplômés a constitué un deuxième défi. Pour leur part, il était maintenant impossible de recourir au système Omnivoxpuisque les répondants étaient maintenant hors des murs de notre établissement. Michel Vincent m’a alors suggéré d’utiliser le logiciel en ligne NetSondage du CCDMD pour fabriquer un questionnaire et l’Espace personnel de Profweb comme site hébergeur. Vous comprendrez facilement que l’aide du professionnel TIC s’avérait indispensable pour le néophyte que je suis dans le domaine.

Une fois le questionnaire complété, nous devions alors informer nos diplômés qu’il était disponible en ligne. La première action que nous avons réalisée a été d’envoyer une lettre à tous les diplômés du programme à évaluer et de les convier à ouvrir un ordinateur afin de répondre au questionnaire numérique. Nous avons cependant été fort déçus du taux de réponse. Par exemple, en Art dramatique, sur 240 adresses postales, seulement 24 diplômés avaient répondu au questionnaire. C’était une performance bien pire que les enquêtes traditionnelles par la poste, lesquelles peuvent recueillir normalement un taux de réponse entre 20 % et 30 %. Nous nous sommes bien sûr questionnés sur les raisons de ce problème de non-réponse, les changements d’adresse étant très fréquents. Nous devions aussi nous interroger sur la pertinence d’utiliser à la fois le courrier postal traditionnel et Internet, deux médias dont le croisement pouvait s’avérer inefficace ou incompatible. En effet, pourquoi envoyer une lettre par la poste alors qu’existent déjà les adresses courriels et les réseaux d’échange? Hélas! En ce qui concerne les adresses de courriel personnelles, les départements ne sont pas nécessairement en mesure de nous les fournir.

C’est alors que l’idée d’utiliser Facebook nous est venue. Lors de l’évaluation de l’option Art dramatique, il existait déjà des groupes d’anciens diplômés de ce programme inscrits dansFacebook comme il en existe dans la plupart des programmes d’études. Nombreux sont ces groupes qui se forment spontanément. Grâce aux listes d’étudiants, nous avons donc essayé de les joindre un par un. Malheureusement, le réseau d’échange nous identifiait comme polluriel après cinq envois seulement et bloquait temporairement notre accès aux autres diplômés du groupe. Il aura donc fallu beaucoup de patience pour contacter une centaine d’anciens du programme. L’intervention de la responsable de programme, madame Michèle Barrette, également professeure en Art dramatique, fut nécessaire puisqu’elle connaissait très bien la majorité des diplômés. Peu habituée àFacebook, je lui ai donc montré comment faire un profil afin qu’elle m’aide à joindre les anciens individuellement. Expérience positive puisque notre taux de réponse a grimpé à 50 % et que plusieurs anciens ont salué l’initiative au passage.

Les prochaines évaluations

Il n’en demeure pas moins que nous devrons revoir notre stratégie Facebookienne. Au lieu de contacter un par un les diplômés d’un programme, nous pourrions utiliser certaines fonctionnalités de Facebook nous permettant de créer un événement. De cette manière, seul l’administrateur du profil de groupe pourrait être joint sans que cela contrevienne aux règlements du site.

Par ailleurs, sur le plan méthodologique, cette approche pourrait être remise en question. En utilisant Facebook, ne fait-on pas surtout appel aux anciens qui n’ont que de bons souvenirs de leur passage au collégial? Que fait-on de ceux qui n’ont pas de profil Facebook? En revanche, il sera plutôt difficile dans les années à venir d’ignorer ces nouveaux moyens qu’utilisent dorénavant les jeunes pour communiquer. Éventuellement, nous pourrions creuser davantage la question de l’utilisation de ces outils dans la pratique enseignante.

C’est pourquoi j’invite tous les intervenants s’intéressant à ce sujet, professionnels comme enseignants, à partager leur point de vue dans la section Commentaires afin de nourrir les pistes de réflexion.

2 commentaire(s)

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    Khalid Gueddari a écrit le 28 septembre 2009 à 15h07

    Utiliser Facebook pour et par les anciens est chose envisageable. D'ailleurs, effectuer une recherche de vos cégeps, établissements... fort à parier que des groupes existent déjà. J'ai fait l'exercice et j'ai trouvé un groupe de notre institut (plus de 600 personnes) avec des messages, photos... Parmi les messages, il y a des annonces pour des retrouvailles... Il y a même des profs de chez nous dans ce groupe. Toutefois, ma crainte est que ce genre de groupe peut rapidement, totalement ou partiellement, dévier de son objectif de départ. Il faut vraiment cerner les inconvénients avant de se lancer et Facebook en regorge (voir par exemple Je ne crois pas à Facebook http://cafetice.blogspot.com/2008/01/cest-pourquoi-je-ne-crois-pas-facebook.html http://cafetice.blogspot.com/2008/01/cest-pourquoi-je-ne-crois-pas-facebook.html) Mais, c'est en expérimentant que l'on peut tirer des conclusions. Aussi, ma crainte est comment notre employeur va réagir si on fait des communications et interventions "officielles" dans un cadre professionnel sans qu'il donne son accord et que ca soit pas valider car c'est sur la place public... (j'ai en tête l'histoire de cette dame qui a été renvoyée pour dire ses opinions sur son compte twitter). Je trouve que l’on est en présence de tas de questions et interrogations. Alors, mon avis est si on veut se lancer et essayer, le faire dans un cadre de test, sans déploiement majeur et avec prudence.

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    Robert Payeur a écrit le 28 septembre 2009 à 15h43

    Je comprends les appréhensions de M. Gueddari. Il peut y avoir un enjeu éthique dans l'utilisation de Facebook. En effet, même si les informations sont accessibles au public, il est délicat de faire entrer l'institutionnel dans la sphère de la vie privée. C'est pourquoi il sera plus judicieux de passer par l'administrateur d'un profil Facebook que d'envoyer des messages individuels. Jusqu'à maintenant, je n'ai pas été déçu par les résultats, ceux-ci me semblent très représentatifs de la population à l'étude, dans ce cas-ci les anciens du programme Art dramatique (cependant, on ne peut jamais être certain de cette représentativité, puisqu'on ne sait pas vraiment où se destine le diplômé d'un programme préuniversitaire, les trajectoires des finissants étant trop variées). Merci de vos commentaires.

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