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Publié le 13 octobre 2013 | Soins infirmiers

Utiliser des simulateurs haute-fidélité en Soins infirmiers

L’utilisation des simulations en enseignement des Soins infirmiers a évolué, passant de l’utilisation de modèles tridimensionnels à celle de patients standardisés (réels ou simulés). Dans le but d’aider les étudiants à développer et appliquer leurs connaissances dans des situations cliniques réalistes, le département de Soins infirmiers du Cégep John Abbott a acquis des simulateurs haute-fidélité. Ces simulateurs sont des mannequins grandeur nature, informatisés et interactifs, qui peuvent être programmés pour réagir de façon réaliste aux soins qui leur sont prodigués.

Investir dans l’éducation

Les simulations haute-fidélité gardent nos étudiants motivés et désireux d’en apprendre plus. Les étudiants de Soins infirmiers aiment apprendre par la pratique. Les simulations leur offrent l’opportunité de vivre des situations qui sont trop rares pour qu’ils aient la chance d’y assister dans un contexte clinique, ou auxquelles il serait trop risqué de les laisser participer. Cela leur permet de réfléchir aux conséquences de leurs actes dans un environnement sécuritaire, où ils ne risquent pas de faire de tort à un patient.

En tant qu’enseignantes en Soins infirmiers, l’un des principaux défis auxquels nous devons faire face est le manque de temps pour l’enseignement en contexte clinique, et le manque de contrôle sur les expériences que nos étudiants vivent aux cours leurs stages. Il est difficile pour nous de superviser la façon dont ils apprennent et s’exercent. Par exemple, les étudiants de troisième année ont un cours sur les complications liées au diabète, mais la probabilité qu’ils aient toutes à faire face à un cas de ce type en particulier durant leur stage cette année-là est faible. Les simulations permettent de pallier ce problème.

Pour nous, le principal inconvénient des simulations a été le temps nécessaire pour nous approprier la technologie et adapter nos cours en conséquence. Même si les simulateurs sont livrés avec des scénarios préprogrammés, plusieurs de ces scénarios sont de « trop haut niveau » pour nos étudiants. Conséquemment, nous avons dû adapter des scénarios et en créer de nouveaux pour répondre aux besoins de nos étudiants en fonction des objectifs de nos cours.

Gloria et Lyne avec des étudiantes et le mannequin Hal, près la simulation d’une embolie pulmonaire en laboratoire

Gloria et Lyne avec des étudiantes et le mannequin Hal, près la simulation d’une embolie pulmonaire en laboratoire

Récolter les fruits

Chaque mannequin vient avec une tablette, sur laquelle les données physiologiques sont programmées et modifiables à la discrétion de l’enseignante. Ces mannequins interactifs sont capables de réactions physiologiques réalistes (pression sanguine, respiration, pouls et sons des battements cardiaques, son de la respiration, mouvements des yeux et réactions pupillaires, etc.). De plus, les mannequins peuvent répondre aux questions posées par les apprenants, soit en faisant entendre des réponses audio transmises par diffusion sans fil, ou des réponses vocales préenregistrées.

Par exemple, pour imiter un patient souffrant d’une pneumonie sévère, un mannequin pourrait être programmé pour montrer un rythme respiratoire anormalement élevé et possiblement aussi une légère cyanose (une décoloration bleutée des lèvres et autour de la bouche, indiquant un manque d’oxygène). De plus, si un étudiant devait ausculter les poumons du patient avec son stéthoscope, il entendrait des sons anormaux.

Récemment, un scénario a été développé pour donner aux étudiants l’opportunité d’intégrer la théorie qu’elles avaient vue dans un laboratoire sur les mesures d’urgence. Après l’activité, les étudiants nous ont dit que cette expérience d’apprentissage avait été très formatrice. Nous avons conçu ce laboratoire de telle sorte que, dans la première partie, nous faisons un exposé interactif en utilisant des télévoteurs et, dans la seconde partie, un scénario de simulation. Hal et Susie (nos deux mannequins-simulateurs adultes) ont été programmés pour imiter les symptômes d’une embolie pulmonaire qui a entraîné un arrêt cardiaque.

Dans ce scénario particulier, nous plaçons les étudiants en petits groupes, dans le but de promouvoir la discussion, la collaboration et l’apprentissage par les pairs. Nous pouvons modifier les données physiologiques en nous basant sur les interventions qui sont faites et sur la progression du groupe. À travers le scénario, les étudiants reçoivent des rétroactions instantanées et peuvent aussi observer les changements qui surviennent dans la condition du patient à la suite de leurs interventions.

Un bilan de santé très positif

En conclusion, les simulateurs sont devenus une partie intégrale du programme de Soins infirmiers au Cégep John Abbott pour les raisons suivantes :

  1. Ce sont de bons compléments aux méthodes traditionnelles d’enseignement.
  2. Ils permettent aux enseignants de présenter des complications qui sont rarement rencontrées en milieu clinique.
  3. Ils encouragent l’apprentissage et le développement de la pensée critique en permettant aux étudiantes d’analyser une situation dans un environnement sécuritaire. Cela permet aux élèves de faire des erreurs tout en leur offrant l’opportunité de s’exercer de façon répétée, de consolider leurs apprentissages et de développer leurs compétences.
  4. Ils permettent aux étudiants d’obtenir les rétroactions de leur enseignant aussi bien que les rétroactions du simulateur lui-même.
  5. Les simulations améliorent les habiletés des étudiants pour la communication, les relations interprofessionnelles et la prise de décision. De plus, puisque les étudiants discutent entre elles de la situation, les simulations promeuvent l’apprentissage par les pairs.

Si vous avez aimé ce récit, allez aussi lire celui de Lise Gignac, du Cégep de Lévis-Lauzon, qui utilise elle aussi des mannequins-simulateurs informatisés avec ses étudiantes de Soins infirmiers.

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