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Publié le 10 novembre 2013 | Multidisciplinaire

Un iPad comme solution de rechange au tableau blanc interactif

À la session d’automne 2012, le Cégep du Vieux-Montréal a financé un projet pilote pour étudier la relation entre la réussite des étudiants et l’utilisation d’une solution de rechange au tableau blanc interactif (TBI).La solution? Des iPad reliés à un ordinateur qui contrôle un projecteur numérique. Ce projet pilote visait à vérifier si cette technologie pouvait être utilisée pour augmenter la motivation, la compréhension et la participation des étudiants et, ultimement, améliorer les taux de réussite. Dans le cadre de ce projet, l’une des classes de l’école a été aménagée pour utiliser cette technologie, à l’aide d’un programme appelé Splashtop.

Avec Splashtop, l’écran de la tablette affiche ce qui est sur l’écran de l’ordinateur et on peut contrôler l’ordinateur à partir de la tablette.

Une raison pour expérimenter

Dans mon département, le département de langues, la personne qui s’était initialement portée volontaire pour participer au projet pilote n’a finalement pas été en mesure de le faire. Il était relativement difficile de trouver un remplaçant, puisque nos activités sont généralement basées sur la communication et que les cours comportent peu de moments où l’attention de la classe est tournée vers le tableau. Je me suis portée volontaire parce que j’enseignais un cours de linguistique, qui est un cours « centré sur le contenu ».

Dans le cours de linguistique, les étudiants doivent transcrire des mots anglais en utilisant l’alphabet phonétique, apprendre à maîtriser les symboles de cet alphabet et dessiner des arbres syntaxiques. Des activités de la sorte requièrent la participation des étudiants au moyen d’exercices qui ne nécessitent pas ou peu d’interactions entre eux.

J’ai pensé que le iPad équipé de Splashtop pourrait constituer une variante stimulante au tableau noir traditionnel. J’ai organisé une activité iPad d’environ 15 minutes presque chaque semaine. Toutefois, même s’il y a eu au départ un certain enthousiasme face à la nouveauté, cette excitation s’est vite évaporée.

Une raison pour arrêter

En classe, lorsque j’utilisais le iPad, je circulais en le confiant à un étudiant à la fois. Cet étudiant pouvait alors taper ou écrire une réponse qui était projetée à l’avant de la classe sur l’écran du projecteur.

Quand est venu le temps de construire les arbres syntaxiques, qui sont des dessins longs et compliqués à faire, le travail sur le iPad est vite devenu laborieux. Ça aurait été beaucoup plus facile de simplement envoyer 4 ou 5 étudiants au tableau noir et de leur donner chacun une craie pour qu’ils fassent un exercice, ou corrigent un devoir pendant que les autres étudiants auraient fait autre chose. Par la suite, notre attention aurait pu être sur les 4 ou 5 exercices l’un après l’autre, plutôt qu’un à la fois avec un intervalle de plusieurs minutes entre chacun, comme c’était le cas avec le iPad.

Une raison de persévérer

Même si l’activité sur les arbres syntaxiques a été un fiasco, il y a aussi eu des activités plus réussies. J’ai conçu une dizaine d’activités visant à tester notre solution de rechange au TBI, parmi lesquelles trois ont vraiment bien fonctionné. Ceci dit, ces trois activités auraient facilement pu être remplacées par le fait d’inviter un étudiant à l’avant avec une craie, ou de lui donner accès à mon ordinateur.

Ce que je trouve paradoxal, c’est que le système basé sur le iPad était censé être un outil interactif qui suscitait la participation. Dans mon cas, ce fut le contraire. Le problème est qu’il n’y avait qu’un seul iPad, et que celui-ci devenait le centre de l’attention de la classe, car un seul étudiant à la fois pouvait le manipuler. Les étudiants sont plus actifs quand ils sont en équipes, concentrés sur une tâche.

Nonobstant les résultats négatifs, j’ai trouvé que certaines activités étaient très intéressantes. L’une des plus réussies faisait appel à un site web où est illustrée une coupe sagittale d’un canal vocal auquel on peut faire articuler certains sons. On peut choisir la forme que l’on veut voir le canal vocal prendre (forme des lèvres et position de la langue, entre autres), et découvrir à quel son cela correspond. Je faisais circuler le iPad, et les étudiants pouvaient simplement cliquer aux endroits voulus pour obtenir les sons qui les intéressaient. La classe participait aussi, en faisant des suggestions comme « Fais un "r" ! » ou « Mets la langue au palais! » C’était une activité instructive et efficace, et c’était très facile sur le plan technique : les étudiants n’avaient qu’à cliquer sur des boutons d’options.

Évaluer les mérites du projet

Pour les exercices les plus compliqués, un problème était récurrent. Comme Daniel Bourry, le répondant TIC du collège et coordonnateur du projet pilote le dit, il s’agit d’un problème de « dextérité fine ». Puisque ce sont les menus de l’ordinateur qui apparaissaient sur l’écran de la tablette, ces menus étaient anormalement petits. Il est souvent arrivé que des étudiants appuient par mégarde sur le mauvais bouton, et il s’agissait quelque fois malheureusement du bouton « supprimer ».

Aux alentours de la mi-session, l’un des étudiants a dit « Je ne veux pas la tablette, ça me fait sentir trop vieux. » C’était un étudiant qui avait effacé tout son travail précédent par erreur. Il avait appuyé au mauvais endroit, ou peut-être seulement effleuré le bouton « supprimer » avec son petit doigt. J’ai recueilli des réactions similaires de la part d’autres étudiants aussi, qui ont affirmé qu’ils espéraient que la prochaine génération soit meilleure qu’eux pour manipuler la tablette, étant donné qu’eux-mêmes n’avaient pas toujours la dextérité nécessaire pour utiliser Splashtop.

Peut-être que le problème était que mes étudiants n’étaient pas assez habiles manuellement. Par contre, peut-être aussi que le problème était simplement que je n’utilisais pas des activités adéquates.

Aller plus loin

Je pense qu’il aurait été intéressant d’avoir 4 ou 5 iPad dans la classe, un par équipe d’étudiants. (J’aurais pu contrôler quelle image aurait été projetée à l’avant.) Cela aurait permis à l’ensemble des étudiants d’être actif.

Les départements de physique et d’intervention en loisirs ont utilisé des ordinateurs à écran tactile plutôt que des iPad et ont éprouvé moins de problèmes.

Et vous, utilisez-vous un TBI en classe? Connaissez-vous des solutions de rechange plus abordables qui pourraient remplir le même rôle?

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