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Publié le 15 décembre 2008 | Physique

Quatre bonnes raisons d’utiliser le Web pour un cours d’astronomie

Saviez-vous que le système solaire compte maintenant cinq planètes naines? La dernière à recevoir ce titre est Hauméa, nom qui provient de la mythologie hawaïenne. Hauméa a une forme bizarre, un gros œuf. Les quatre autres planètes naines sont PlutonÉrisMakemake et Cérès, située dans la Ceinture d’astéroïdes.

Plusieurs pensent que Sedna est aussi une planète naine, mais elle n’a pas encore été promue à ce rang, on manque encore de données. En excluant Cérès, les quatre autres planètes naines sont des plutoïdes, nouveau terme adopté par l’Union astronomique internationale le 11 juin 2008 pour désigner des planètes naines semblables à Pluton.

La planète Hauméa

Miser sur les avantages du web

Trois des quatre avantages du Web sont illustrés dans le paragraphe d’introduction de ce texte. Essayez de faire une mise à jour d’un livre d’introduction à l’astronomie et à l’astrophysique aussi efficacement que ce que l’on peut faire sur un site Web. C’est tout simplement impossible.

Cliquez sur les hyperliens des planètes naines et vous saurez tout de suite quel est le deuxième avantage : enseigner l’astronomie sans photographie, ce serait un peu comme cuisiner sans épices! On peut inclure plusieurs centaines de photographies sur un site Web, ce qui ne peut se faire pour un livre sans rendre son prix prohibitif.

Le télescope Hubble

L’utilisation des hyperliens permet également de fournir aux étudiants une façon d’approfondir la matière sans devoir faire une recherche dans les livres de la bibliothèque. Les ressources Web fiables mises à leur disposition en astronomie sont très nombreuses et facilement accessibles. Le site de la NASA par exemple contient des centaines, voire des milliers de pages. Le site du télescope spatial Hubble est tout aussi impressionnant. Presque tous les grands observatoires astronomiques ont aussi leur site Web, comme celui de l’ESO (European Southern Observatory) qui est particulièrement riche en documentation multimédia.

Animation réalisée par Donald Pelletier

Se rapprocher de la réalité

Finalement, l’utilisation d’un site Web permet d’utiliser des animations et de projeter des vidéos. Par exemple, il est plutôt difficile d’expliquer avec une craie et un tableau comment la trajectoire du Soleil change au fil des saisons. C’est bien plus simple de le montrer avec une animation que l’on peut contrôler avec des boutons. En ce domaine, je regrette cependant de n’avoir pas le temps d’apprendre comment utiliser un programme d’animation 3D ou de ne pouvoir avoir recours à un spécialiste. Regardez cette animation du mouvement de précession (sur la fiche 2) et vous comprendrez : on peut s’en sortir, mais c’est long pour un résultat pas toujours convaincant.

Quant aux vidéos, ceux de langue française portant sur l’astronomie sont assez rares. De plus, il faut qu’ils sortent de l’ordinaire pour susciter l’intérêt des étudiants, ce qui est l’un des buts de l’utilisation d’Internet. Par exemple, citons le reportage de l’émission Découverte (Radio-Canada) qu’écoutent attentivement mes étudiants lorsque je le projette : « Le télescope du mont Paranal ». Ce n’est pas tous les jours que l’on coupe le sommet d’une montagne pour y installer quatre télescopes de 8 mètres de diamètre. Il existe de nombreux reportages tout aussi intéressants, mais de langue anglaise, et on aimerait bien qu’ils soient traduits.

Le télescope du mont Paranal

Ne plus acheter de notes de cours

J’ai mis passablement d’heures pour réaliser ce site Web et à vrai dire, il contient trop de matière pour un cours complémentaire : je dois faire des choix. Conçu d’abord pour une présentation résumée du style de PowerPoint et servant de support à la présentation des sujets, le contenu s’est enrichi d’années en années à un point tel que je songe maintenant à ne plus exiger de mes étudiants du cours complémentaire l’achat des notes de cours. J’envisage aussi d’y incorporer des travaux pratiques dirigés et réalisables à l’ordinateur pour le cours complémentaire. J’utilise déjà ceux du projet américain CLEA (Contemporary Laboratory Experiences in Astronomy, Gettysburg College) dans le cours d’astrophysique avec passablement de succès : les étudiants ont accès à un télescope et un radiotélescope comme s’ils étaient dans la salle de contrôle d’un observatoire et ils font en général plus que ce qui est demandé.

Pour conclure ce récit, j’ai bien hâte qu’un autre enseignant de physique utilise le site que j’ai conçu. Ce sera le cas à la session hiver 2009 alors que mon jeune collègue Martin prendra la relève pour le cours complémentaire d’astronomie au cégep de Valleyfield. Ce sera avec plaisir que je recevrai les commentaires et les suggestions de Martin. J’aimerais aussi recevoir les vôtres. Je serai bientôt à la retraite et j’aurai amplement le temps de peaufiner ce site, et qui sait, d’apprendre à faire des animations en 3D.

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