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Publié le 26 février 2006 | Multidisciplinaire

Pourquoi les TIC dans l'enseignement?

Il y a quelques années, les conseillers pédagogiques de notre collège ont soumis les questions suivantes à certains enseignants et enseignantes reconnus pour utiliser les TIC dans le cadre de leur enseignement. Une première version des réponses a été publiée dans L’Express pédagogique du Cégep régional de Lanaudière et elles sont actualisées dans le récit suivant.

1. Quelles utilisations des TIC faites-vous dans votre enseignement?

J'enseigne la philosophie depuis plus de vingt ans. Je me sers maintenant de l'informatique pour :

  • gérer tous les documents et notes des étudiantes et étudiants;
  • préparer des évaluations formatives (quiz, mots croisés, réseaux de concepts);
  • soutenir certains exposés (acétates électroniques)
  • chercher et diffuser de l’information (moteurs de recherche et bases de données, site web du département); et
  • répondre à des questions (courrier électronique).

Mes élèves se servent de l’informatique pour prendre leurs notes de cours, faire leurs recherches, compléter les exercices et rédiger leurs textes. Vous aurez compris que mon cours se déroule entièrement dans le laboratoire d’informatique et que nous utilisons la plateforme DECclic en tant qu’interface de communication.

2. Qu’est-ce qui vous a amené à intégrer les TIC dans votre enseignement?

L’envie d’expérimenter de nouvelles avenues et la conviction que c’est en lui offrant les meilleurs outils disponibles que l’ouvrier peut faire un travail de qualité : pas le stylet et la tablette de cire comme dans l’Antiquité, ni la plume et le parchemin comme au Moyen-Âge ou le papier et le crayon comme au XXe siècle, mais l’ordinateur et autres TIC pour aujourd’hui! Et puis, quel plaisir pour le presbyte vieillissant que je suis que de lire des textes en caractères imprimés d’au moins 12 points et non pas les pattes de mouche de tout un chacun!

3. Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées?

Vaincre la peur de l’inconnu : se lancer pour une séance d’application pédagogique de l’ordinateur avec un groupe d’étudiantes et d’étudiants dont certains en connaissent plus long que moi sur ces machines et hors de la présence d’un technicien, ça génère un certain stress, qu’on gère en demandant au technicien de se tenir pas trop loin du local au moins la première fois et en s’assurant d’avoir un plan B prêt au cas où le menu prévu ne fonctionnerait pas. Mettre également les efforts et le temps qu’il faut pour apprendre à se servir des TIC et pour préparer les activités.

4. Quels sont les changements que les TIC ont apportés à votre pratique d’enseignant?

Je parle moins et les élèves agissent plus. C’est déjà pas mal puisque ce sont justement eux qui doivent apprendre et qu’ils n’apprennent pas nécessairement parce que je parle. Il m’apparaît alors normal que ce soit eux qui s’activent davantage à l’occasion de nos rencontres! Bien sûr, je fais encore des exposés : comment philosopher sans paroles, sans échanges, sans discussions? Mais ces paroles trouvent leur pertinence parce qu’elles s’enracinent dans un travail préalable de recherche et de lecture que les élèves ont fait ou parce qu’elles servent de bougie d’allumage à un tel travail.

5. Quel est l’impact de l’utilisation des TIC sur l’apprentissage des élèves?

Difficile à mesurer précisément. Toutefois, dans les questionnaires standardisés d’évaluation de l’enseignement utilisés dans mon collège et administrés à ma demande à au moins un groupe de mes élèves chaque session, ceux-ci déclarent un haut degré de satisfaction quant aux méthodes employées. De plus, mes propres observations me portent à affirmer que les garçons goûtent particulièrement cette approche technophile, que les filles compensent une certaine techno-crainte par une plus grande collaboration entre elles et, enfin, que tous bénéficient des outils de correction de la langue française intégrée au traitement de texte.

6. Quels conseils pouvez-vous donner aux enseignantes et enseignants qui veulent intégrer les TIC dans leur enseignement?

  • Y aller à petits pas : commencer par une activité bien circonscrite et aux ambitions modestes.
  • Augmenter la dose à mesure que l’on prend confiance.
  • Miser sur les logiciels d’usage courant : pas besoin de logiciels exotiques et dispendieux pour faire des activités pédagogiques; un bon navigateur internet, un logiciel de présentation, un texteur, un tableur, une base de données permettent une foule d’applications intéressantes et stimulantes pour les jeunes et ces logiciels sont déjà installés sur les appareils de nos collèges. À ceux-là s’ajoutent les logiciels distribués gratuitement par le Centre collégial de développement de matériel didactique (CCDMD) aux collèges membres, tels Netquiz ProMotsEntrecroisés, Copilote (en cours de mise à jour actuellement) pour les réseaux de concepts, etc., et les outils inclus automatiquement dans la plateforme DECclic (Exam Studio, messagerie, forums, clavardage, répertoires, etc.).
  • Et surtout ne pas laisser la peur de « se planter » inhiber la créativité.

En conclusion

Les TIC, ni panacée ni gadgets futiles, mais des moyens supplémentaires à ranger dans son coffre à outils et dans celui de nos élèves!

1 commentaire(s)

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    Assétou KOURAOGO a écrit le 5 février 2014 à 22h29

    Félicitation, les motivations qui vous ont guidé à intégrer les TIC se passent de tout commentaire. C'est très logique. Les TIC sont bien intégrées dans le domaine de la santé, de la mode vestimentaire, ... et au niveau de l'éducation, il y a une sorte de méfiance. Vos témoignages peuvent faire bouger les choses.

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