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Publié le 29 mars 2009 | Technologie du génie électrique

Le portfolio, outil d’apprentissage et d’évaluation

Tout a commencé à la session hiver 2007. À la suite de la tentative avortée de réaliser un projet CEFRIO de collaboration à distance par manque de collaborateur, j’avais décidé de proposer aux élèves une approche expérimentale de l’utilisation des TIC en pédagogie par le wiki.

Que d’outils!

C’est bien beau tous ces outils. Comment les utiliser? Est-ce que j’essaie d’enseigner d’une façon traditionnelle en essayant d’adapter ces outils à cette démarche? Est-ce possible? Y a-t-il d’autres façons de faire? Existe-t-il une autre façon d’enseigner? Moi j’enseigne! Eux, apprennent-ils?

L’offre d’une activité de perfectionnement, offerte conjointement par PERFORMA et le Cégep@distance, qui me donnait la possibilité d’en apprendre davantage… tombait pile.

Moi j’enseigne! Eux, apprennent-ils?

La démarche du cours a permis d’expérimenter « un-peu-pas-mal-beaucoup » sur le sujet. Même celle de remettre en question la démarche originale proposée. J’ai découvert que je n’étais pas le seul à essayer de mieux comprendre ces nouveaux outils. Pour faire une histoire courte, nous avons eu l’opportunité d’expérimenter beaucoup de choses. Ce fut une très bonne et très belle expérience. Avec des gens réels mais virtuels… aussi éloignés qu’Iqaluit (près du Père Noël), nous avons expérimenté les wiki, les forums, la visioconférence, et finalement, le portfolio.Le  mode d’emploi S.V.P.

Qu’est-ce qu’un portfolio?

Autant de définitions que de gens! Autant de possibilités d’implantation. Autant d’ignorance. Que faire?

Si on plaçait l’élève au centre de son apprentissage.

Je suis en technologie. Plus précisément en électronique industrielle. J’ai de petits groupes. J’ai envie d’explorer ces nouveaux outils de l’information et des communications. Je veux évaluer des compétences. Je veux engager mes élèves dans des projets et je ne suis pas convaincu que la démarche généralement reconnue du professeur spectacleest nécessairement la seule solution.

Si les rôles changeaient. Si on plaçait l’élève au centre de son apprentissage. Si on lui donnait la possibilité de gérer son apprentissage. De délaver son cerveau. De lui permettre de penser. De s’exprimer. D’être créatif. D’être son coach. Suis-je hérétique?

Allons-y!

Soyons réaliste. Allons-y par petits pas. C’est plus facile de corriger le tir. Utilisons le wiki comme support à un portfolio. Le wiki permet de gérer facilement le suivi des élèves. Facile à accéder, à modifier. Disponible. Polyvalent. Impossible de le perdre. Il enregistre tout. Infaillible. Transparent. Réutilisable.

Toute la démarche de l’élève est accessible en tout temps par tous. Il est facile de suivre le déroulement de l’inscription des artefacts par l’élève en utilisant un agrégateur. Il est facile de réagir rapidement. L’apprentissage sort du cadre horaire. De la classe. Du collège. Tout un changement.

L’implantation du portfolio n’est pas nécessairement chose aisée. Ils ne sont pas légions les enseignants utilisateurs. Dans mon collège. Dans mon réseau. Il faut aller loin. Internet le permet.

Les détails

La démarche ne me semble pas simple et évidente. Qu’en sera-t-il de l’élève?

En fait, l’approche par projet est du type PPP : Projet, Processus, Produit. En technologie, à priori, c’est facile de créer cette démarche. Utilisons-la!

Mon wiki référence comporte pour chaque cours trois sections : les consignes, le plan de cours et les travaux. Pour chacun des cours, le wiki de l’élève comporte aussi trois sections : son carnet de bord, ses travaux et la section incorrectement appelée portfolio qui lui permet d’y consigner ses acquis.

L’évaluation

Malgré toutes les démarches d’apprentissage réalisées dans le cours d’une session, c’est le résultat final de la démarche, l’atteinte des objectifs (les compétences), qui doit être évalué sommativement. Je me refuse à payer mon plombier tant que le travail n’est pas terminé… et à ma satisfaction. Il en est de même pour l’élève.

Quand vient le moment de l’évaluation payante, tout est là. Dans le wiki. Dans le portfolio. Tant pour l’enseignant que pour l’élève. C’est terriblement efficace.

Et après?

Parfait? Loin, loin, loin de la perfection. Seul dans mon très petit cégep, il est difficile de confronter cette démarche expérimentale. Internet me permet une vision sur les orientations et les tendances de l’évolution de la pédagogie… On le voit bien dans le portfolio « podcast » de Mario Asselin. J’ai adapté cette démarche pour me sentir confortable en fonction de mes contraintes. C’est la graine qui commence à germer. J’ai confiance.

Pour les élèves,

  • Au début, ils sont généralement insécures. Conditionnés par un mode d’apprentissage plus traditionnel, ils découvrent graduellement les possibilités de cette approche ainsi que les avantages (et les désavantages) à gérer leur développement.
  • Au niveau formatif, ils réalisent assez vite leur situation en fonction des attentes et de leur contribution. Le travail, même imparfait, n’est plus jeté à la poubelle, telle une vielle copie corrigée par le professeur. Il demeure sur le wiki. Il est réutilisable. Quand ton travail est repéré dans une recherche Google… tu réalises l’importance de contribuer de ton mieux. Cela développe le sens critique.
  • Au niveau sommatif, ils ne sont guère stressés par l’évaluation finale, car les indicateurs les informent tout au long de leur cheminement. Quand au plagiat, ils préservent jalousement leur originalité.

Imaginer si tous les enseignants, dans tous les cours, sur toutes les sessions développaient ces outils… Nous aurions probablement des élèves beaucoup mieux préparés… Peut-être moins dociles, mais mieux préparés. Partagez-vous mon opinion?

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