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Publié le 20 septembre 2018 | Industrie de la mode

La cartographie mentale : une stratégie d’apprentissage qui soutient le transfert des connaissances et la pensée critique

Ce récit a été traduit de l’anglais.

À l’origine du projet

Il y a quelque temps, dans un cours de marketing du programme de Commercialisation de la mode, j’ai intégré un projet où les étudiants devaient identifier les problèmes vécus par un détaillant de mode en difficulté. Ils devaient ensuite proposer des solutions, trouver des objectifs et des stratégies, puis créer un plan d’action. Ce projet est devenu très linéaire pour les étudiants :  2 travaux valant chacun 20%. Les étudiants se réunissaient en équipe de 5 et se divisaient le travail : « Tu fais la partie A, tu fais la partie B, je fais la partie C… », etc. Chaque étudiant soumettait sa partie et le travail final manquait de cohésion. J’ai même dû rappeler aux étudiants de désigner une personne dans l’équipe pour relire le travail au complet et de s’assurer d’utiliser la même police de caractère. Je savais quel étudiant travaillait sur quelle partie.

J’ai décidé d’intégrer un logiciel qui favoriserait une approche plus collaborative. J’ai commencé à utiliser Cmap. J’ai appris la cartographie mentale lors d’un cours offert par Performa et j’ai trouvé qu’il était beaucoup plus facile d’y revenir par la suite, comparé aux notes traditionnelles. Plus besoin de chercher à travers nos fichiers Word ou Excel, puisque tout est au même endroit. D’ailleurs, j’ai trouvé cette approche si utile que j’ai décidé d’appliquer la théorie que j’avais apprise dans l’une de mes classes.

Les étudiants ont pris 1 à 2 semaines pour s’approprier le logiciel. Par contre, plutôt que perdre du temps de classe pour cela, j’ai inversé la classe. Les étudiants ont téléchargé gratuitement l’outil à la maison et ont pu apprendre à l’utiliser par eux-mêmes.

Pour commencer, je leur ai donné un projet facile pour qu’ils s’exercent :  constituer un panier de fruits. Les étudiants dressaient une liste des fruits à inclure dans leur carte mentale, puis les liaient à certaines catégories : petits fruits, fruits tropicaux, fruits du verger, etc. Cet exercice était facile pour eux, puisqu’ils avaient déjà une connaissance étendue du sujet.

Lorsqu’ils font une recherche pour leur projet de marketing de mode, ils l’incluent tout de suite dans leur carte conceptuelle. Puis, à mesure qu’ils voient la théorie du cours, ils construisent et continuent à construire encore et encore... C’est un guichet unique pour eux : ils consignent toutes leurs connaissances au même endroit. Le format numérique est également utile, puisqu’ils peuvent facilement partager leur travail avec leurs coéquipiers.

Les avantages de cette pratique innovante

Les étudiants pensent être très à l’aise avec les technologies. Ils sont capables de consulter leurs courriels, de trouver leurs fichiers sur Google Docs et de s’envoyer des messages textes, mais je souhaite les amener plus loin. Je veux qu’ils réalisent qu’ils doivent aussi penser à utiliser de nouveaux logiciels.

Avec les cartes mentales, ils ont une formidable représentation visuelle de la manière dont ils peuvent trouver un problème et des solutions. Ce que les étudiants ont aimé, c’est qu’à chaque fois qu’ils pensaient à un nouvel aspect du problème ou à des solutions innovantes, ils pouvaient simplement l’ajouter à la carte conceptuelle du groupe. Ce que j’ai aimé en tant qu’enseignante, c’est que les étudiants travaillaient désormais sur le projet en entier et pas simplement sur une seule partie.

Un autre avantage est que cette approche se prête à tous les styles d’apprentissage.

Les étudiants peuvent attribuer un code de couleurs à leurs idées (téléchargez le fichier PDF pour faire un zoom avant sur certaines sections de la carte).

Ce qu’il y a de formidable, c’est que le fait d’utiliser ce logiciel les fait réfléchir. Je vois les étudiants retourner à leur carte et y apporter des changements. Ils peuvent attribuer un code de couleurs à leurs idées. Ils en sont les maîtres d’oeuvre, ce qui est idéal. Un autre avantage de ce logiciel est qu’au fur et à mesure que la carte mentale se crée, les concepts peuvent être déplacés, ajoutés, supprimés ou redéfinis.

Il y a assurément un transfert des connaissances, puisque les étudiants réutilisent le logiciel dans d’autres cours. Certains ont mentionné qu’ils l’avaient trouvé particulièrement utile pour se préparer à une épreuve synthèse.

Avec la cartographie mentale, lorsqu’une idée a germé, elle ne cesse de croître.

Évaluations formatives et sommatives

Les étudiants utilisent leurs cartes Cmap pour réviser l’examen final (téléchargez le fichier PDF pour faire un zoom avant sur certaines sections de la carte).

Pendant la session, je m’assois avec les étudiants pour regarder leur travail. S’ils ont des questions, ils peuvent me les poser et utiliser ma rétroaction pour bonifier leur carte Cmap avant de la soumettre pour une évaluation.

Pour la révision avant l’examen final, les étudiants apportent leurs cartes en classe. Le collège a instauré une politique BYOD et les étudiants partagent souvent leurs ressources. Lors d’un travail en équipe, il y a toujours 1 ou 2 étudiants qui prennent la tâche en charge et qui partagent ensuite le document avec leurs coéquipiers.

Après avoir utilisé ce logiciel en classe, j’ai remarqué une amélioration des résultats de l’examen final. Pour l’évaluation du cours, le projet valait 40%; l’examen final 40% et les devoirs, 20%. Après toute la réflexion entourant la création de leur carte mentale, les étudiants ont constaté qu’ils se rappelaient beaucoup mieux du contenu et qu’ils étaient capables de donner plus d’exemples. Ils avaient appris les concepts clés du cours.

Un petit conseil

Un conseil que j’aimerais donner aux enseignants qui songent à ajouter un logiciel dans leur cours est que l’intégration technologique prend parfois du temps au début. Cependant, je considère que le temps que j’ai consacré à apprendre à utiliser le logiciel, puis à construire le cours, a éventuellement pu être récupéré ailleurs. Ce type de logiciel semble aider les étudiants à faire des liens et à comprendre plus en profondeur les concepts importants du cours. Il permet de transférer la théorie dans la pratique. De plus, les étudiants ne me posaient pas tant de questions. Je pense que les cartes mentales aident les étudiants à acquérir une meilleure compréhension et que cela en vaut amplement le temps et les efforts.

À propos de l'auteure

Heather Sorella Elle a reçu une Mention d’honneur de l’AQPC en 2018. Elle a aussi présenté des ateliers à l’AQPC et elle fait partie de leur comité de rédaction anglophone. Elle enseigne au Collège LaSalle depuis 13 ans. Avant d’enseigner, elle a travaillé dans l’industrie vestimentaire pendant 25 ans. On peut même dire qu’elle a la mode dans le sang, puisqu’en grandissant, elle a travaillé dans l’usine de confection de vêtements de son père. Elle a complété une formation de maîtrise avec Performa et son mémoire a été déposé. Elle aime tellement expérimenter les nouvelles technologies avec ses étudiants qu’elle projette de commencer un doctorat à l’Université Concordia à l’automne 2018. Aux personnes qui lui disent qu’elle est folle de commencer un doctorat à son âge ou qui lui demandent ce qu’elle a l’intention d’en faire, elle répond : « Je ne sais pas, j’y vais un jour à la fois! »

1 commentaire(s)

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    Nicole Perreault a écrit le 25 septembre 2018 à 12h44

    Encore une fois, bravo et merci, Heather, pour ce récit des plus inspirants qui a été intégré dans les ressources de l'habileté 2 (traiter l'information) du Profil TIC des étudiants du collégial (http://www.profweb.ca/profil-tic/traiter-l-information).

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