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Publié le 4 mai 2008 | Arts appliqués

L’utilisation des TIC en design d’intérieur

Voilà près de dix ans que j’intègre les TIC dans mon enseignement en design d’intérieur, qu’il s’agisse d’enseigner le dessin assisté par ordinateur dans un local informatique ou d’enseigner le rendu couleur à la main dans un atelier avec tables à dessin.

Au fil des ans, j’ai expérimenté plusieurs activités TIC dans mes cours. Les logiciels Powerpoint, Lanschool, Netquiz et Cubix, entre autres, m’ont permis de préparer plusieurs activités et ont aidé les étudiants à différents niveaux. Toutefois, l’activité TIC qui a été la plus profitable demeure la préparation d’un simple cédérom d’images destiné à un cours de « Dessin et rendu »!

La problématique de départ

Les étudiants inscrits au cours de rendu doivent apprendre à représenter les différents matériaux utilisés pour présenter un projet d’aménagement d’intérieur. Comme certains matériaux, tels le marbre ou la pierre, leur donnent beaucoup de difficultés, certains étudiants évitent de les proposer dans leurs projets lorsqu’ils ne peuvent les représenter correctement dans leur rendu couleur.

Texture de marbre.

J’ai donc changé mes stratégies d’enseignement en vue de régler ce petit problème. J’ai dessiné du marbre et de la pierre en classe, j’ai présenté des échantillons de matériaux ainsi que des illustrations issues de livres de rendu. Je me souviens que je formais de petits groupes de cinq ou six étudiants et que je passais à leur table, livres à la main. Je répétais la théorie à chaque petit groupe à l’aide des rendus présentés dans ces livres. Les étudiants réussissaient ensuite à compléter leurs petits exercices, mais encore à l’aide d’explications supplémentaires et de mon approbation. Peu d’étudiants consultaient les livres en classe. Je passais mon temps à répondre aux questions du type « Est-ce correct comme cela ? » et je ne réussissais pas à former des designers aptes à reproduire ces types de matériaux de façon autonome.

La solution

Par la suite, j’ai décidé d’utiliser les nouvelles technologies. J’ai numérisé les images les plus significatrices des livres de rendu, je les ai imprimées en couleur et je les ai collées sur des cartons. En plaçant ces derniers sur les murs, je croyais avoir trouvé un moyen facile pour eux. Ils pouvaient consulter les images sans avoir à chercher dans les livres! Mais ce ne fut pas suffisant. À peine la moitié des étudiants se donnaient la peine de consulter les images pour développer et comparer leur technique.

L’année suivante, je décidais d’emprunter un ordinateur et un projecteur sur chariot pour projeter les images numérisées. L’utilisation des TIC pour régler ce besoin précis fut bénéfique pour moi et pour les étudiants.

Tout d’abord, la projection d’images brisait la routine. Il était également plus facile et plus agréable pour moi de projeter au mur et d’expliquer une seule fois à tout le groupe. Mais le constat le plus surprenant fut de voir les étudiants faire la file pour aller à l’ordinateur pour visualiser les photos pendant les exercices, comme si l’aspect ludique de l’ordinateur suffisait à les convaincre de se lever pour aller consulter les images!

Rendu d'un salon.

J’ai augmenté le nombre d’images à chacune des années suivantes, toujours en me fixant des objectifs raisonnables en termes de temps de préparation. J’ai créé plusieurs nouveaux dossiers et j’ai ajouté des exemples de mauvais rendus pour mieux illustrer les erreurs à éviter.

Maintenant, il y a un ordinateur en classe et il n’y a plus une notion qui soit présentée sans le cédérom d’images. Je donne ma théorie à l’aide des images projetées puis les étudiants consultent le dossier pendant les heures de travaux pratiques. L’arborescence leur permet de se diriger vers le matériau de leur choix et de visualiser les bons ou mauvais rendus.

Exemple de plan.

Exemple de plan.

Les constats

Le nombre de questions en classe a beaucoup diminué. La plupart des étudiants consultent la banque d’image pour regarder de près les bonnes et mauvaises techniques et pour comparer leurs propres rendus avec les meilleurs des années antérieures.

Depuis que j’ai progressivement intégré les TIC dans ce cours, les étudiants sont plus actifs en classe et la qualité des rendus qu’ils me remettent est nettement supérieure à ce qu’elle était autrefois.

Je réalise que les TIC m’ont forcé à axer ma pédagogie sur l’apprenant. Les étudiants travaillent plus et retiennent plus qu’auparavant. J’ai cessé d’être l’enseignant/encyclopédie qui répond à toutes les questions sans réellement aider ses étudiants.

De surcroît, ces expériences m’ont convaincu que les activités TIC qui fonctionnent le mieux ne sont pas nécessairement celles qui se passent dans un laboratoire informatique ou celles qui sont les plus sophistiquées! Même une petite activité peut avoir un effet bénéfique sur un groupe. Il s’agit de bien repérer le besoin et de l’intégrer progressivement.

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