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Publié le 24 octobre 2010 | Techniques auxiliaires de la justice

L’impact de Facebook dans votre vie professionnelle

On ne peut nier les occasions que nous amènent les réseaux sociaux virtuels: des retrouvailles touchantes, impossibles auparavant, le partage de connaissances facilité, des communautés de partage. Parfois, Bernard Arsenault agit comme enquêteur sur la toile et il y trouve là aussi des renseignements utiles.  Mais le réseautage social a ses revers: le vol d’identité, la cyberprédation, la réputation mise à sac… Ses étudiants ne sont pas à l’abri de ces dangers. Bernard Arsenault donne régulièrement des séances d’information sur le sujet: dans son collège d’abord, adressées à l'ensemble des professeurs, puis aux étudiants en Techniques policières, enfin dans le réseau également où ses conférences sont très populaires! Il se plaît à faire peser les risques que ses auditeurs courent en fréquentant ces sites. Et le département de Techniques policières prend la chose très au sérieux notamment depuis l’automne dernier.

Des murs de Facebook aux murs de la classe

À l’automne 2009, cette réalité a frappé de plein fouet l’une de mes classes. J’ai reçu un courriel, un soir, qui me présentait 14 photos d’étudiants dans un bar. L’informateur anonyme me confie trouver inacceptable d’exposer ces photos dans Facebook : « Vous ferez ce que vous voulez! »

Le lendemain, les 14 diapos ont défilé devant la classe des étudiants impliqués, au rythme de 10 secondes d’exposition chacune. Si le mot d’entrée avait peu ébranlé mon groupe, là, bien que je leur tourne le dos, je sais que rien ne va, dès la 1re  photo. Après plus de 140 secondes, deux minutes et demie d’images, de postures suggestives de mes étudiants: ça ne respire vraiment plus.

Une bien petite planète où tout finit par se savoir.

Depuis cet incident, les règles de discipline du programme Techniques policières au Campus Notre-Dame-de-Foy sont en révision. Ces règles qui suivent notamment les standards de comportement fixés par l’École nationale de police du Québec vont éventuellement intégrer les attitudes et agissements des étudiants dans leur vie virtuelle, notamment sur les réseaux sociaux.

Dans nos classes, nous accordons beaucoup d’importance à l’analyse des comportements, que ce soit ceux des policiers en exercice, des présumés contrevenants ou du public en général. On confronte souvent les étudiants à leurs limites, préjugés ou lacunes.

Depuis cet incident Facebook, le contrôle de l’image virtuelle est devenu une responsabilité de l’étudiant. Plusieurs ont d’ailleurs fermé leur compte ou le ferment; d’autres exercent un meilleur contrôle de ce qu’ils exposent et à qui ils l’exposent. Les séances d’information que nous tenons au collège sur le sujet ont leur effet.

Les faux secrets et mirages de la maison de verre

J’ai des étudiants qui plongent à pieds joints dans cette belle culture de partage sans trop en comprendre l’impact. Moi, je comparerais l’arrivée de Facebook à l’arrivée de la Ford modèle T sur les routes américaines. On n’aura mis en place des systèmes de régulation de la circulation et de protection du piéton que vingt ans après avoir inventé le problème!

Les 15 millions de nouveaux automobilistes disséminés à travers les États-Unis à cette époque et conduisant sans code ni signalisation routière ont occasionné beaucoup de morts et de blessés jusqu’à ce qu’on invente les premiers feux de circulation en 1929! Il y a un problème si on conduit de n’importe quelle façon dans la vie de tous les jours! Il y a aussi un problème si on se comporte de n’importe quelle façon dans Facebook.  On pourrait comparer cette vitrine à celle d’une maison de verre. Tout ce qu’on y publie est susceptible d’être utilisé un jour contre nous.

© Les conférences numériques, CCDMD
Assistez à la conférence prononcée au Centre des congrès de Québec par Danah Boyd, spécialiste des médias sociaux chez Microsoft Research et Fellow à l’Université de Harvard.

En cinq ans d’existence, le réseau social Facebook est passé de 3 400 utilisateurs à 500 millions (chiffre atteint le 21 juillet 2010, selon son fondateur Mark Zuckerberg). En a-t-on seulement évalué l’impact avant de s’y inscrire et d’y publier jour après jour des choses touchantes ou drôles, surtout si elles sont personnelles?

La grande famille de Facebook prend des proportions à peine imaginables chez nos jeunes. Certains de mes étudiants détiennent plus de 800 amis. Comment penser sérieusement s’associer à autant d’individus? Dorénavant, je fais l’exercice dans mes classes.  J’observe le détail des familles virtuelles et les commente. La composition de celles-ci est stupéfiante, surtout si l’on se met dans la peau d’un employeur.

Aurait-on idée d’intégrer dans un curriculum vitae des « relations » ou des amis que nous n’aurions pas? Avec certaines travailleuses du sexe, par exemple? Ou avec certains culturistes particulièrement passionnés qui peuvent donner l’impression que nous portons en nous une agressivité latente inquiétante pour le bon exercice de notre profession? Voilà des positions équivoques qui peuvent nous amener à nous questionner sur le réseautage social effectué à l’aveugle, sans discernement.

Cette belle culture de partage des renseignements personnels permet de composer des albums de photos ou de citations compromettantes. Que ces photos ou opinions du moment soient représentatives ou non, leur mise en ligne vient modifier notre image et peut nuire à notre réputation. Et comme le virtuel est susceptible de devenir éternel, cette identité numérique qui se forge à chaque nouvelle inscription peut nous poursuivre longtemps! Plus de 60 % des employeurs vont sur le Web. On a tous intérêt à soigner l’image de nous-mêmes que nous souhaitons projeter.

L’importance de la protection de la réputation

En Techniques policières, la protection de la réputation est un devoir. Qui aimerait faire échouer une opération policière à la suite de déclarations ou des commentaires faits un jour sur ces réseaux? Il faut penser à l’impact que ça pourrait avoir sur la future carrière de nos étudiants.

Alors, afin que nos étudiants ne jouent plus leur destinée ou celle des autres aux coups de dés, nous leur recommandons de fixer les paramètres de confidentialité de leur vitrine Facebook pour en donner l’accès à leurs réels amis.  Ils doivent y adopter un code comportemental sans faille! Agir dans le virtuel comme on agirait dans le réel, avec retenue et discrétion.

Connaissez-vous des problèmes semblables dans votre domaine d’enseignement? Les réseaux sociaux font partie de ces nouvelles réalités que le monde de l’éducation doit aborder avec  une grande attention afin de guider et d’informer les étudiants qui nous sont confiés. Nous les aidons chaque jour à préparer leur avenir. Devrions-nous également les informer sur les risques associés à leur vie virtuelle?

Ressources suggérées par l'auteur

  • Article relatant les mesures mises en place pour enseigner l’étiquette des réseaux sociaux.
  • Version original anglaise de la conférence de Danah Boyd, spécialiste des médias sociaux chez Microsoft Research et Fellow à l’Université de Harvard.

2 commentaire(s)

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    Michel Vincent a écrit le 25 octobre 2010 à 11h34

    Merci. Très bon article. Je trouve intéressant de voir comment les médias sociaux ont maintenant une place dans les cours et voir des professeurs qui amènent les étudiants à réfléchir sur leurs empreintes numériques. Cependant, je trouve qu'il y a quelques peurs des médias sociaux très souvent citées dans les journaux ces dernières temps. D'abord, fermer son compte Facebook ou mettre tous les filtres de confidentialité n'empêcheront pas quelqu'un d'autres de mettre des images de vous alors que vous preniez des poses suggestives dans un bar. Avoir 14 amis au lieu de 800 non plus. Sauf que la personne qui a mis les photos incriminantes risque d'être parmi vos 800 amis (ami au sens Facebook parce qu'un ami ne fait pas ça). Et vous serez ainsi informé qu'elle les a mises en ligne et donc, en mesure de réagir. Aussi, personne n'est assez dupe pour croire non plus que les 800 "amis" sont réellement nos amis proches. Mais c'est certain que l'on doit au moins savoir de qui il s'agit! Est-ce qu'un employeur va trouver plus normal qu'un individu entre 20 et 25 ans ait un compte Facebook ou non? Je me poserais des questions sur les compétences TIC du deuxième.

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    Émilie Lavery a écrit le 29 octobre 2010 à 7h55

    Ton récit sera fort utile au réseau collégial, notamment aux conseillers pédagogiques et à la direction des études des Collèges. Plusieurs examinent leur politique relative à l’utilisation des technologies et envisagent d’y inclure les comportements de leurs étudiants dans le monde virtuel.

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