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Publié le 3 novembre 2013 | Techniques de l'informatique

Exploiter des données ouvertes pour une activité synthèse de programme signifiante

Imed Jarras est un enseignant d’informatique qui a suscité l’enthousiasme de ses étudiants en leur demandant de concevoir une application ayant une réelle utilité et en leur laissant la latitude de faire des choix. Il nous raconte son histoire.

Depuis trois années, je suis titulaire du cours porteur de l’épreuve synthèse de programme en Informatique de gestion au Cégep Limoilou.

Par le passé, je définissais moi-même un projet que les étudiants devaient réaliser dans le cadre du cours. Les étudiants faisaient du bon travail, mais, une fois le projet terminé, le fruit de leurs efforts se dirigeait vers la corbeille. Même si les projets étaient instructifs et formateurs, les logiciels et applications qu’ils concevaient n’avaient pas d’utilité réelle. Les projets étaient basés sur des données fictives, et le travail des étudiants visait à trouver une solution à un problème fictif.

Je voulais donner aux étudiants l’opportunité de réaliser un projet qui serait plus signifiant pour eux et qui aurait une valeur plus durable. Par ailleurs, j’ai un intérêt pour le web, et je voulais l’intégrer davantage dans mon cours. En 2012, j’ai donc pensé à commencer à utiliser les données ouvertes de la Ville de Québec à la suite d’un courriel reçu de la part de cette dernière.

Mon projet d’utilisation de données ouvertes

Les données ouvertes sont des données que des organismes mettent gratuitement à la disposition du public, en bloc. Par exemple, la page de données ouvertes de la Ville de Québec rend disponible la liste des emplacements des toilettes publiques sur son territoire et celle des chantiers routiers (mise à jour quotidiennement). Des données ouvertes sont publiées par un nombre grandissant de villes, incluant la Ville de Montréal. Les gouvernements du Québec et du Canada en publient aussi.

Depuis la session d’hiver 2012, je demande donc à mes étudiants de concevoir une application exploitant certaines données ouvertes de façon utile. Les étudiants doivent faire preuve de créativité et trouver eux-mêmes, en équipe, un concept d’application utile pouvant être construite à partir des données disponibles.

Au moment de réaliser l’épreuve synthèse de programme, les étudiants ont tous fait deux ou trois stages : ils ont de l’expérience, ont chacun développé une petite expertise dans certains domaines. Plusieurs se sont basés sur l’expérience acquise en stage pour choisir leur projet.

Pour ma part, je valide leurs propositions de projets, je leur fais des suggestions, je leur demande d’enrichir certains aspects si nécessaire. Dans ce cours, mon travail est de les accompagner; je tente de leur donner le moins d’aide possible, pour qu’ils développent leur autonomie en collaborant.

Du point de vue des étudiants

Les étudiants aiment beaucoup le nouveau visage du cours. Ils trouvent les projets plus motivants, plus « le fun ». Ils travaillent plus forts que jamais, restent au Cégep tard le soir, mais aiment ce qu’ils font et se dépassent. Le fait que le projet soit basé sur des données réelles leur plaît et les stimule.

Quand je leur présente le projet en début de session, ils sont un peu nerveux à l’idée de l’une des tâches qu’ils auront à faire au terme du projet : présenter leur application lors de l’Expo TI – Villes du Québec en juin.

L’Expo TI – Villes du Québec est un rassemblement de professionnels des technologies de l’information qui œuvrent dans les municipalités du Québec. À la fin du cours, les étudiants doivent tenir un kiosque lors de cet évènement et présenter leurs projets respectifs aux visiteurs. En plus de valoriser leur travail, cela leur permet de discuter avec d’autres professionnels de l’informatique et de développer leur réseau de contacts (eux qui sont alors finissants et en recherche d’emploi). Bien qu’intimidés par l’idée au départ, les étudiants trouvent finalement cette expérience très enrichissante.

Témoignages d’étudiants recueillis lors de l’Expo TI 2012.

Au terme de la session (qui ne dure que 11 ou 12 semaines, étant donné l’horaire comprimé à cause de l’alternance travail-études), je ne m’attends pas à ce que les étudiants produisent une application « finie » et léchée. Le travail de conception demande du temps. Cependant, dans le temps qui leur est imparti, les étudiants doivent faire la base et cibler des pistes de développement pour le futur.

À la fin du cours, plusieurs étudiants expriment la volonté de poursuivre le travail sur leur application. Cependant, avec leur entrée sur le marché du travail, il est normal que la plupart ne le fassent finalement pas. À ce jour, une seule équipe l’a fait (et c’est déjà une réussite!). C’est l’équipe qui, en 2012, a développé l’application Parkmoi, une application qui indique les espaces de stationnement existants à proximité d’un lieu ciblé par l’utilisateur. (Allez l’essayer!)

Une réussite!

En conclusion, je suis très satisfait du virage que j’ai fait prendre à mon cours. En laissant plus de liberté aux étudiants dans le choix de leur projet et en leur confiant un problème « réel » à résoudre, j’ai réussi à obtenir d’eux qu’ils s’investissent plus que jamais dans leurs apprentissages. Quoi demander de mieux?

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