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Publié le 6 février 2018 | Physique

Des groupes Facebook pour stimuler l'intérêt des étudiants envers la matière

À l'hiver et à l'automne 2017, j'ai utilisé des groupes Facebook pour amener les étudiants à prendre conscience des applications concrètes de la matière que je leur enseigne. La première fois, c'était dans un cours complémentaire d'astronomie. La seconde, dans le cours Électricité et magnétisme, en Sciences de la nature (profil Sciences de la santé).

J'ai demandé aux étudiants de faire 4 publications (1 par mois) sur un groupe privé que j'ai créé et auquel s'inscrivaient tous les étudiants du cours. Ces publications devaient être en lien avec la matière du cours. Celles-ci pouvaient être, par exemple :

  • Un article scientifique ou de vulgarisation
  • Une vidéo qui montre un phénomène à l'étude dans le cours
  • Un article ou une vidéo pédagogique, qui explique une notion à l'étude dans le cours

Déroulement de l'activité

Au début de la session, j'ai créé un groupe privé sur Facebook, et j'en ai fourni l'hyperlien aux étudiants via LÉA. Les étudiants ont alors fait une demande d'accès au groupe à partir de leur compte Facebook personnel, et je les ai acceptés dans le groupe.

Je n'ai pas eu à devenir « ami » avec mes étudiants. J'ai d'ailleurs bien pris soin de paramétrer mon compte Facebook pour maximiser la confidentialité des informations à mon sujet.

Au début de la session, j'ai distribué sur LÉA un document rappelant à la fois les consignes du travail et des règles de bonne conduite en matière de politesse et de respect des droits d'auteurs.

Les étudiants ont dû faire des recherches pour trouver des contenus à partager avec leurs pairs. Ils voyaient les publications de leurs pairs dans leur fil d'actualité. Ils ne lisaient parfois que le titre de la nouvelle ou de l'article, mais cela pouvait tout de même être instructif pour eux.

À la fin de la session, il a été facile pour moi de vérifier que chaque étudiant a fait les 4 publications attendues. Je pouvais simplement entrer son nom dans le moteur de recherche de la page du groupe, et je voyais toutes ses publications s'afficher. Dans le cours d'astronomie, certains étudiants en ont fait plus de 20!

Une activité simple et ludique

Gérer les groupes et m'assurer que chaque étudiant a participé ne m'a pas demandé beaucoup de temps. Je n’avais qu’à « aimer » les publications que je jugeais pertinentes. Je trouve que cela a été du temps très bien investi, puisque les publications sur le groupe ont permis aux étudiants de comprendre de quelle façon la matière du cours peut être utile dans « la vraie vie ».

Facebook fait déjà partie de la vie des étudiants. J'aurais pu faire la même activité sur un forum sur LÉA ou sur Moodle, mais je préférais utiliser Facebook pour que l'activité paraisse moins « scolaire ». Les publications scientifiques du cours font alors partie du quotidien des étudiants, puisqu’elles apparaissent dans leur fil d'actualité, parmi les publications de leurs amis.

J'ai beaucoup aimé lire les publications des étudiants. J'ai moi-même appris plusieurs choses en lien avec des découvertes récentes et l'utilisation de nouvelles technologies. Mais, surtout, cela a permis d'alimenter des conversations en classe. Je faisais souvent des retours sur certaines publications du groupe. À l'occasion, en présentant des exemples en classe, je pouvais faire des liens avec une publication ayant été faite sur le groupe. Par exemple, en parlant d'un train à sustentation magnétique (maglev), j'ai parlé d'une vidéo sur le sujet qui avait été partagée par un étudiant.

Une vidéo sur les trains à lévitation magnétique qui a été partagée par une étudiante.

Les sources d'informations

Les étudiants devaient eux-mêmes trouver des sources d'informations fiables. Je leur ai parlé, par exemple, de la page Facebook IFL Science et de la chaîne YouTube Learn Engineering, mais la plupart trouvaient leurs informations ailleurs. C'était à eux de s'assurer que leur source était fiable.

D’ailleurs, chaque session, un étudiant s'est fait prendre à publier une fausse nouvelle. Une étudiante de mon cours d'électricité et magnétisme en a publié une sur une pseudo-étude de la NASA qui aurait prouvé que « nos doigts possèdent une puissance électromagnétique ».Selon cet article, la NASA invitait les gens à « sortir dans la rue et viser la lune avec l'index pendant 30 minutes. ». « La Nasa pointera ses appareils pour mesurer le déplacement obtenu [de la lune] et ainsi tester son étude. » À mon avis, la meilleure citation de cet article, c'est la phrase : Peut-être même obtiendra-t-on une rotation d'un demi-tour de notre cher satellite qui nous montrerait ainsi sa face cachée.

J'en ai évidemment profité pour discuter des fausses nouvelles en classe! Nous avons parlé des impacts liés à la publication ou la diffusion d'une fausse nouvelle. Je crois que plusieurs étudiants ont alors pris conscience de l'importance de ne pas publier de fausses nouvelles. Il va sans dire que les étudiants qui ont été piégés ont tout fait pour ne pas se faire prendre à nouveau!

J'ai aimé voir que les étudiants étaient créatifs dans leur recherche d'informations. Certains cherchent à faire rire. Par exemple, à l'occasion de la Saint-Valentin, un étudiant du cours d'astronomie a publié une photo d'une nébuleuse en forme de fleur (NGC 7129).

Une nébuleuse en forme de rose, dont la photo a été publiée sur Facebook par l'ASTROLab du parc national du Mont-Mégantic à la Saint-Valentin, puis partagée sur le groupe du cours d'astronomie par un étudiant

Des exemples de publication

Voici, 2 autres publications intéressantes faites par des étudiants du cours d'astronomie :

Et voici une vidéo 360° partagée par un étudiant du cours d'électricité et magnétisme.

Au sommet avec un monteur de ligne : une expérience en vidéo 360

Sans compte Facebook?

Un seul étudiant est venu me voir pour me signaler qu'il n'avait pas de compte Facebook et qu'il ne voulait pas s'en créer un. Je lui ai offert de me transmettre ses publications en privé par MIO. Cet étudiant n'a malheureusement pas pu bénéficier des publications de ses pairs. Toutefois, puisqu'il s'agit d'un seul étudiant, on ne peut pas parler d'un problème important.

Qu'en ont pensé les étudiants?

J'ai mené un sondage auprès des étudiants pour connaître leur appréciation du projet. Près de 85% des étudiants ont aimé ou adoré l'activité. Globalement, ils ont jugé que :

  • L'activité leur a permis d'apprendre des choses.
  • L'activité a stimulé leur intérêt pour la matière.
  • L'activité leur a permis de comprendre l'utilité de la matière dans la vie de tous les jours.

La majorité des étudiants lisaient souvent les titres des articles, mais ne cliquaient qu'occasionnellement pour voir les contenus en entier.

Les étudiants ont jugé le fait d'avoir à publier sur le groupe plutôt amusant.

Près de 85% des étudiants ont dit qu'ils aimeraient revivre l'activité dans un autre cours.

J'ai bien aimé, c'était intéressant. Ça permet de pratiquer notre recherche scientifique en s'assurant de la validité de nos sources. Un étudiant du cours d'électricité et magnétisme
Très belle opportunité pour les étudiants à apprendre davantage sur l'astronomie. Façon moderne et simple de faciliter l'apprentissage au cours d'astronomie. Un étudiant du cours d'astronomie
C'était cool! Un étudiant du cours d'astronomie

Des pistes pour l'avenir

Je pense que ce genre d'activité pourrait être intégré dans un cours de n'importe quelle discipline.

La prochaine fois que je le ferai, je songe à inciter davantage les étudiants à lire et à commenter les textes publiés par leurs pairs. Ça pourrait être en leur demandant de rédiger un court travail à la fin de la session (sur leurs 5 publications préférées, par exemple) ou en les obligeant à faire des commentaires pertinents sur au moins 2 publications autres que les leurs. Je vais y réfléchir…

À propos de l'auteur

Éric Laflamme Il est enseignant de physique au collégial depuis près de 10 ans.Il enseigne présentement au cégep Édouard-Montpetit. Il est titulaire d’une maîtrise en biophysique de l’Université de Montréal, d'un DEC en Technologie de conception électronique et un DEC en musique, en guitare jazz.

Grandement intéressé par les liens entre l’apprentissage et le jeu, il a complété en 2017 une AEC en design de niveau de jeu vidéo au Campus ADN.

Éric Laflamme est le fondateur et le concepteur de la plate-forme éducative modappi, gagnante de 3 prix prestigieux au Québec. Il est le concepteur et le programmeur des exercices aléatoires auto-corrigés utilisés dans les cours en ligne de modappi. Il est coauteur de Mesures et incertitudes en laboratoire et Maîtriser les vecteurs en explorant le sol de Mars, primés en 2013 et 2016, dont les contenus théoriques sont associés à des cours en ligne sur modappi.

1 commentaire(s)

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    Nicole Perreault a écrit le 7 février 2018 à 17h58

    Bonjour Éric, Bravo pour votre activité : si elle a un impact sur l'intérêt des étudiants envers les contenus, on peut supposer qu'elle aura un impact sur leur réussite. Alors félicitations pour cette initiative qui, effectivement, pourrait s'appliquer à bon nombre de disciplines.

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