Profweb

Accueil » Publications » Articles » Retour sur l’atelier du REBICQ : les pratiques en matière de formation documentaire

Publications

Articles

Publié le 19 janvier 2015 | Multidisciplinaire

Retour sur l’atelier du REBICQ : les pratiques en matière de formation documentaire

Ont également collaboré à cet article : Philippe Lavigueur, SMTE Montmorency, Josiane Sauvé, SMTE Lionel-Groulx, Julie Larocque, SMTE Saint-Laurent, Andrée Dagenais, bibliothécaire professionnelle, Centre de documentation collégiale, Daniel Marquis, Conseiller pédagogique et bibliothécaire professionnel, Bibliothèque et technologies éducatives, Granby.

Le mercredi 10 décembre 2014, Profweb a assisté à une visioconférence intitulée « Les pratiques en matière de formation documentaire » organisée par le comité sur la formation documentaire du Regroupement des bibliothèques collégiales du Québec (REBICQ) et le Réseau des répondantes et répondants TIC (REPTIC).

L’activité visait à présenter les résultats d’un sondage réalisé au printemps 2014 auprès des membres du regroupement afin de connaître leurs pratiques en matière de formation documentaire. Les résultats ont été présentés par Philippe Lavigueur, Spécialiste en moyens techniques d’enseignement (SMTE) au cégep Montmorency et responsable du comité sur la formation documentaire.

Quarante-trois des 53 établissements  ont participé au sondage dont quatre des cinq collèges anglophones. Les résultats obtenus ont donc permis d’obtenir une bonne vision d’ensemble de l’offre de formation documentaire offerte par les bibliothèques aux étudiants du réseau collégial. Bien que cette première édition d’un sondage sur les pratiques documentaires ne couvre pas les aspects qualitatifs de la formation, un nombre élevé d’éléments touchant de près les membres du réseau REPTIC ont trouvé écho auprès de l’auditoire.

Quelques constats sur l’offre de formation, son contenu et son évaluation

Tous les établissements répondants au sondage offrent de la formation documentaire celle-ci peut prendre plusieurs formes : ateliers en laboratoire informatique, visites de la bibliothèque, capsules vidéos ou tutoriels, ateliers de formation offerts en classe. 

  • L’offre de formation documentaire touche un grand nombre de cours et de programmes : elle n’est pas exclusive aux sciences humaines, contrairement à certaines idées reçues.
  • Les professionnels des bibliothèques reconnaissent l’importance de favoriser le développement des compétences informationnelles auprès des étudiants du collégial et la plupart d’entre eux y contribuent par la prestation d’ateliers ou l’élaboration de ressources.
  • Plus de la moitié des répondants (58%) affirme disposer d’un espace dédié à la formation documentaire, à la bibliothèque ou dans un local adjacent.

Parmi les sujets les plus souvent couverts dans les ateliers de formation documentaire, les répondants ont souligné (par ordre d’importance) :

  • Le choix des outils de recherche
  • L’exploration du site web de la bibliothèque
  • L’identification des mots-clés pertinents pour la recherche
  • L’évaluation de la qualité des sources (crédibilité,  objectivité, fiabilité de la source)
  • Un survol des fonctionnalités des outils de recherche
  • La distinction entre différents types de documents
  • Le plagiat

Le sondage a aussi permis de constater que les ressources documentaires les plus souvent présentées dans les ateliers de formation sont : le catalogue (100%), Repère (91%), Eureka (91%), Érudit (84%), Universalis (70%). Plusieurs participants indiquent cependant que leur collège n’est pas abonné à bon nombre des ressources répertoriées dans la liste. S’il existe un « tronc commun » entre les différents établissements, il est difficile d’en faire le recensement puisque les ressources peuvent varier d’une année à l’autre au sein d’un même collège. La sélection diffère, bien entendu, selon la langue de l’établissement.

La durée moyenne des formations se situe entre 31 et 60 minutes. La contrainte du temps apparaît, pour plusieurs, comme une entrave majeure à l’acquisition satisfaisante des compétences informationnelles visées par celles-ci. Les participants ont d’ailleurs souligné l’importance de mettre en place une procédure de renforcement des apprentissages en collaboration avec les enseignants, entre autres en rencontrant à nouveau les groupes cours pour poursuivre la formation.

  • 81% des répondants ont mis en place une procédure d’évaluation (sommative ou formative) permettant de vérifier les acquis de la formation documentaire. Est-ce suffisant pour bien intégrer la matière, à long terme?
  • 26% des répondants ont établi des mesures visant l’évaluation de l’offre de formation documentaire elle-même. En l’absence d’un portrait clair, il est difficile pour les comités responsables d’encourager les bonnes pratiques ou de proposer des améliorations pédagogiques et techniques aux pratiques existantes.

Les responsables de la formation

Les bibliothécaires sont essentiellement les responsables de la mise en œuvre des ateliers de formation, avec un apport significatif des techniciens en documentation. La décision d’offrir un atelier de formation documentaire relève d’une entente directe avec les enseignants.

Par ailleurs, les répondants sont d’avis qu’une synergie accrue entre les professionnels des bibliothèques et les instances décisionnelles départementales permettrait de rejoindre un plus grand nombre d’étudiants en systématisant l’offre de formation. La méconnaissance du travail des bibliothécaires résulte parfois en une omission de leur mise à contribution de leur expertise dans les discussions à propos de programmes ou dans les réunions départementales. À cet égard, le décloisonnement des différents corps professionnels collégiaux est toujours un beau défi à relever : ce constat a été soulevé par plusieurs participants lors de la période d’échanges.

Pour les répondants au sondage, il reste encore bien des avenues à emprunter pour accroître la collaboration avec les enseignants. Les bibliothécaires souhaitent solliciter davantage ces derniers dans le processus d’apprentissage des compétences informationnelles, d’une part pour favoriser une meilleure intégration des contenus par les étudiants et, d’autre part, pour favoriser une plus grande autonomie de tous les intervenants. Lesbibliothécairespourraient ainsi transformer leur pratique et assumer un rôle d’accompagnateur auprès des enseignants, en collaboration avec les conseillers TIC.

Profil TIC et nouvelles technologies

On a interrogé les répondants afin de savoir si leur institution intégrait le profil TIC dans la formation étudiante :

  • 37% ont affirmé que ce profil était implanté dans leur établissement
  • 16% ne savaient pas si ce profil existait dans leur institution

Selon les résultats du sondage, les collèges intégrant le profil TIC dans tous les programmes rejoignent un plus grand nombre d’étudiants que ceux qui ne l'ont pas intégré du tout.

Les appareils utilisés lors des ateliers consistent le plus souvent en :

  • Des ordinateurs (100%)
  • Des projecteurs (86%)
  • Des tableaux interactifs (37%)

Les autres appareils technologiques tels que les télévoteurs, cellulaires, tablettes électroniques et équipement pour formation à distance s’intègrent progressivement dans les formations.

Malgré la pertinence de logiciels de gestion bibliographique comme Endnote ou Zotero dans le cadre d’un apprentissage d’habiletés informationnelles, ceux-ci ne sont présentés dans des ateliers de formation que par 4 des 43 répondants.

Enfin, la contrainte du temps apparaît comme le principal facteur qui empêche les répondants de consacrer une partie de leur atelier à l’enseignement de certaines ressources technologiques utiles pour les étudiants.

Un dialogue nécessaire et utile entre les intervenants

L’enquête du REBICQ répondait à un besoin de connaître les pratiques mises en place dans les différents établissements du Regroupement. Elle aura permis de révéler le besoin d’entamer un dialogue auprès des différents intervenants, entre autres, les enseignants et les conseillers TIC appelés à soutenir l’apprentissage des étudiants en termes d’habiletés informationnelles. Il ressort de cette présentation et des discussions subséquentes un appel à une plus grande collaboration entre ces groupes d’intervenants afin de mieux encadrer les étudiants dans leur apprentissage, mais aussi dans un effort collectif visant à renforcer l’intégration de la formation documentaire et le profil TIC des étudiants dans les collèges.

0 commentaire(s)

Commenter

* champs obligatoires
Type d'intervention*