Profweb

Accueil » Publications » Articles » Libre, ouvert, propriétaire, gratuit ou infonuagique: comment s’y retrouver?

Publications

Articles

Publié le 24 mars 2015 | Multidisciplinaire

Libre, ouvert, propriétaire, gratuit ou infonuagique: comment s’y retrouver?

Une grande confusion règne autour des logiciels libres, ouverts, gratuits, et d’autres dits propriétaires (ou privatifs, selon certains). Les qualificatifs sont déjà nombreux, et c’est sans parler de la notion d’infonuagique. Essayons d’y voir plus clair.

À l’image d’un précédent article sur l’intégration des licences Creative Commons qui déterminent les conditions d’utilisation du contenu élaboré par un tiers, l’utilisation d’un logiciel est soumise à une licence. Cette licence stipule les conditions d’utilisation octroyées par l’auteur (ou l’éditeur) du logiciel.

Le prix, bien que l’on y soit tous sensibles au quotidien, n’est donc pas un facteur de classification adéquat.

Classification des licences d'exploitation des œuvres de l'esprit. Source : Wikipédia

Par contre, avez-vous remarqué qu’en anglais, il n’existe qu’un mot pour exprimer liberté et gratuité : free? Dès lors, il est facile d’associer logiciels libres à logiciels gratuits. Or, ce n’est pas le cas. Bien que la licence d’un logiciel libre soit gratuite, sa caractéristique principale se cache avant tout derrière les 4 principes de liberté déclinés par la Fondation du logiciel libre (FSF) afin de permettre aux utilisateurs de conserver leur autonomie face aux éditeurs de logiciels propriétaires. Ce mouvement international, aux opinions parfois très tranchées, a récemment fêté sa trentième année. Il compte de nombreux membres, comme en témoigne cet impressionnant inventaire, en anglais, de près de 6500 logiciels libres.

Selon les 4 principes de liberté de la FSF, un programme est un logiciel libre si vous, en tant qu'utilisateur de ce programme, avez les quatre libertés essentielles :

  • La liberté d'exécuter le programme comme vous voulez, pour n'importe quel usage (liberté 0).
  • La liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de le modifier pour qu'il effectue vos tâches informatiques comme vous le souhaitez (liberté 1); l'accès au code source est une condition nécessaire.
  • La liberté de redistribuer des copies, donc d'aider votre voisin (liberté 2).
  • La liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées (liberté 3); en faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité de profiter de vos changements; l'accès au code source est une condition nécessaire.

En 1998, une scission au sein du mouvement a conduit à l'adoption d'une nouvelle stratégie fondée sur la notion de logiciels ouverts (Open Source). Open Source Initiative (OSI) protège les droits d'utilisation et de redistribution, la disponibilité du code source et le droit de le modifier. L'accent est mis sur la disponibilité du code source plutôt que sur la liberté de l'utilisateur.

Plus près de nous et en français, vous trouverez la base de données collective des logiciels libres ou gratuits au collégial élaborée par le Réseau des répondantes et des répondants TIC (REPTIC) et l’Association pour le développement technologique en éducation (ADTE).

À noter que si la licence d’utilisation d’un logiciel libre est gratuite, les services offerts pour accompagner son implantation ne le sont pas forcément, ne serait-ce que pour financer l’ordinateur sur lequel il va fonctionner ou encore, pour payer le salaire de la personne qui va en assurer le bon fonctionnement. Il n’est donc pas rare de devoir souscrire à des offres de formation ou de soutien pour accompagner l’implantation d’un logiciel librement téléchargeable sur Internet. Par exemple, nombreux sont les établissements du réseau collégial québécois à souscrire aux services de Moodle-DECclic, la plateforme collégiale basée sur Moodle, un logiciel libre dont les licences sont gratuites.

A contrario, un logiciel gratuit n’est pas forcément libre. Ainsi, le logiciel Skype est proposé gratuitement par Microsoft dans le cadre d’une licence qui vous permet de l’utiliser, mais tel quel, sans aucun droit de regard quant à ses fonctionnalités et à leur évolution. Dans un même ordre d’idées, l’environnement Google Apps for Education, bien que fourni gratuitement aux établissements d’enseignement reconnus par cet éditeur, reste bel et bien lui aussi un logiciel propriétaire.

Enfin, veuillez noter que la gratuité peut être toute relative, comme dans le cas de l’offre Microsoft Office 365 en éducation, qui est proposée sans frais supplémentaires à la condition que l’établissement d’enseignement souscrive à un contrat annuel récurrent avec l’éditeur. Devrait-on s’en passer pour cette raison? Le débat est d’actualité. C’était d’ailleurs le sujet d’un laboratoire de la VTÉ.

Et l’infonuagique dans tout ça?

Les uns après les autres, les plus grands éditeurs complètent – et parfois remplacent – le traditionnel droit d'utiliser un logiciel pendant des années après l'avoir acheté par un modèle de location de services en ligne. Autrement dit, les éditeurs conditionnent dorénavant le droit d'utiliser un logiciel au paiement d'un abonnement par usager, dans la plupart des cas. L’infonuagique est une nouvelle façon de consommer les logiciels, qui ouvre son lot de possibilités, mais... Ce virage infonuagique n'est pas sans conséquence, tant du point de vue financier que du point de vue technopédagogique et informatique.

Personnellement je pense qu’au-delà du débat libre/propriétaire, en mode infonuagique ou non, le véritable enjeu porte sur la disponibilité de fonctionnalités de téléchargement de données en mode infonuagique et sur l’utilisation de formats ouverts de données permettant le « libre choix » d’une solution répondant à mes besoins du moment. Et vous, quelle est votre opinion?

Ressources suggérées par l'auteur

1 commentaire(s)

  1. Pour afficher votre avatar dans vos commentaires utilisez le services Gravatar.
    Pour des explications techniques, consultez notre article « Afficher un avatar avec le service Gravatar ».

    230e3f435f8af4b156b060fed6dfbe21

    François Lizotte a écrit le 24 mars 2015 à 16h02

    J'ai récemment fait la découverte de ce témoignage de Stephen Fry dans la langue de Shakespeare. Il y a plus de 5 ans: https://www.youtube.com/watch?v=P_mS4CIXcLY

Commenter

* champs obligatoires
Type d'intervention*