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Publié le 17 août 2016 | Multidisciplinaire

Les enfants du troisième millénaire arrivent dans le réseau collégial

À partir de l’automne 2016, ce sont des jeunes nés au 21e siècle qui formeront les prochaines cohortes collégiales.

Avant eux, nous avons connu plusieurs générations dites « natives du numérique » :

  • La génération Y, formée de jeunes nés entre les années 80 et le milieu des années 90 (aussi appelés les milléniaux).
  • La génération suivante, constituée de jeunes nés entre le milieu des années 90 et 2010 environ, est parfois désignée comme la génération Z.
  • Ajoutons à cette liste les jeunes nés entre 1984 et 1996, qui feraient partie de ce que le CEFRIO a qualifié de génération C, car ils ont grandi avec la technologie et l’utilisent pour communiquer, créer et collaborer.
Générations X 1960 à 1979, Y 1979 à 1994, C 1984 à 1996 et Z 1995 et plus

Les générations du numérique. Inspiré du tableau présenté dans le diaporama Les étudiants d’aujourd’hui : mythes et réalités sur la génération Z [PDF] (Christian Bégin, avril 2014).

Dans cet article, nous nous intéressons aux jeunes nés après 2000, que nous qualifierons de natifs du troisième millénaire.

Cet article présente les caractéristiques générales des étudiants de cette génération, notamment à partir du portrait qu’en dresse le CEFRIO, et propose des thèmes à exploiter dans son enseignement pour retenir l'attention et susciter la motivation de ces jeunes.

Les premiers collégiens du 3e millénaire

Majoritaires dans nos classes, ces jeunes sont nés avec le web et ne connaissent pas le monde autrement. Avec leur cellulaire en poche, ils sont branchés sur internet en permanence grâce aux réseaux wifi de plus en plus présents dans les institutions et les commerces.

Le papier est encore présent dans leurs études, mais puisque plusieurs d’entre eux possèdent un (voire plusieurs) appareil mobile, ils apprécient lorsque les enseignants utilisent des notes de cours en format numérique ou fournissent des activités incluant des rétroactions automatiques (évaluations en ligne et leçon de Moodle).

L’approche PAP (prenez vos appareils personnels), également connue sous l’acronyme anglais BYOD (Bring Your Own Device), devient de plus en plus populaire dans nos institutions. Plusieurs collèges ont d’ailleurs des projets portables dans leurs programmes.

Le travail d’équipe et l’apprentissage coopératif se simplifient et proposent une valeur ajoutée lorsqu’on introduit des outils de l’infonuagique, comme Office 365 ou Google Drive. Un des membres de l’équipe crée le dossier et les fichiers de partage. Il ajoute l’accès à l’enseignant et aux autres membres de l’équipe. De cette façon, l’enseignant suit les progrès des équipes en temps réel et les membres de l’équipe peuvent travailler lorsqu’ils sont disponibles.

Le cellulaire, l’interdire ou l’utiliser?

Pourquoi ne pas utiliser le cellulaire pour l’apprentissage? Plusieurs applications gratuites telles que Socrative (télévoteur) offrent la possibilité de créer des questionnaires et de recueillir les réponses de façon anonyme. La participation des étudiants à ces activités stimule leur cerveau : ils sont en apprentissage actif

Ils googlisent!

Les stratégies pédagogiques qui impliquent des recherches sur le web exploitent un sens naturel pour nos jeunes. Leur première source d’information est internet. Ils recherchent avec Google ou, devrais-je dire, ils googlisent. Ce verbe a d’ailleurs été ajouté au Petit Larousse en 2014, avec d’autres néologismes utilisés dans le monde numérique : hashtag, texter...

Si vous voulez parler d’un concept ou d’un contenu particulier, pourquoi ne pas demander à vos étudiants de rechercher des informations à ce sujet comme amorce dans un cours? Posez-leur des questions. Laissez-leur le temps de chercher et de trouver des éléments de réponse. Vous pourrez bonifier leurs techniques de recherche en leur apprenant à valider les sources et à bien les utiliser afin de prévenir le plagiat :

  • Est-ce que tout est pertinent sur le web?
  • Comment distinguer une source fiable?
  • Comment vérifier une information?
  • Etc.

Communications et réseaux sociaux

Les enfants du 3e millénaires commencent cependant à délaisser Facebook au profit d’autres réseaux sociaux, comme SnapChat. Les jeunes favorisent les échanges par d’autres moyens de communication, comme la visioconférence. Contrairement aux générations précédentes, ces jeunes utilisent peu le courriel, préférant communiquer par textos.

La forte présence des natifs du troisième millénaire sur les réseaux sociaux signifie qu’ils développent une cyberréputation très tôt, avant même d’amorcer leur vie professionnelle. Ce fait est nouveau comparativement aux générations précédentes. Le site MonImageWeb.com présente plusieurs astuces pour protéger sa cyberréputation et celles des autres. Comment les collèges peuvent-ils les aider à mieux se préparer à cette réalité grandissante? Certains collèges offrent notamment des cours sur les réseaux sociaux.

Les communications dans le réseau collégial changent aussi. Plusieurs départements ou enseignants ont une page Facebook de cours et plusieurs institutions animent une page Facebook pour la vie collégiale. Moodle peut jouer ce même rôle en proposant un contenu sécurisé et adapté au contenu des cours. Un clavardage et un forum peuvent être activés pour développer un réseau social aussi bien que pour répondre à des questions à propos du cours.

L’animation de l’enseignant devient la clé du succès. Une fois les informations centralisées dans Moodle, les documents, les hyperliens, les vidéos et les activités interactives se retrouvent facilement. Les jeunes peuvent les utiliser partout où ils ont accès à internet.

Des activités pédagogiques qui s’inspirent des intérêts des jeunes

Cette nouvelle génération délaisse la télévision, mais demeure consommatrice de films et de séries. Ces jeunes ne veulent plus les horaires rigides et les publicités des chaînes classiques et optent plutôt pour des services en ligne comme Tou.tv ou Netflix.

Si les jeunes ont de nombreux divertissements en ligne, le rapport synthèse du CEFRIO [PDF] paru en 2009 indique que les filles et les garçons n’utilisent pas Internet de la même façon :

Les filles sont plus nombreuses que les garçons à tenir un blogue, à laisser des commentaires dans le blogue d’un autre internaute ou à consulter un site comme Facebook. En comparaison, plus de garçons que de filles utilisent le Web pour jouer à des jeux en ligne, faire des achats ou regarder des films. CEFRIO, Génération C. Rapport-synthèse, p. 6

Comme enseignant, comment exploiter les centres d’intérêt des étudiants pour les motiver? Voici quelques pistes :

  • Pourquoi ne pas profiter de leur curiosité pour aborder un sujet d’actualité, ou encore un fait controversé ou cocasse? Certains contenus « viraux » peuvent se prêter à ce genre d’introduction.
  • Les vidéos disponibles sur les sites de nouvelles, sur YouTube, sur Le monde en images du CCDMD et bien d’autres offrent des opportunités intéressantes pour présenter des situations authentiques ou pour introduire un nouveau sujet. Le visionnement de la vidéo peut s’effectuer à la maison ou en classe et être accompagné d’une activité de réalisation.
  • La pédagogie inversée prévoit les activités d’apprentissages en partie à la maison, en partie en classe. Puisque les jeunes veulent organiser leur temps et apprendre à leur rythme, les activités et ressources fournies sur une plateforme comme Moodle leur permettent d’apprendre à leur rythme, partout et en tout temps. De plus, la conception universelle d’apprentissage (CUA) encourage l’utilisation de l’ordinateur et de ressources numériques afin de favoriser l’apprentissage de tous.
  • Pourquoi ne pas recourir aux  jeux sérieux? On trouve de plus en plus d’applications ou de simulations pour l’éducation. Un exemple concret est la simulation Police scientifique du Canal D. La simulation a été  présentée aux étudiants en Techniques policières du Cégep de Trois-Rivières comme activité préparatoire à une simulation en classe. Les étudiants ont pratiqué les techniques d’échantillonnage et de prise d’empreintes avec la simulation avant de les pratiquer en classe sur des scènes de crimes fictives. Chaque équipe avait accès aux photos de sa scène de crime et a pu visionner la solution complète de la simulation. Les étudiants ont déposé leur rapport final par la remise de devoirs dans Moodle.

Nouvelles modalités d’enseignement

Plus que jamais, la génération du 3e millénaire jouit de possibilités telles que l’ouverture sur le monde, le télétravail, la possibilité d’étudier et de voyager en même temps.

Les étudiants ont accès à des modalités de formation autres que la classe traditionnelle. Les collèges mettent de plus en plus à leur disposition des classes hybrides ayant 2 groupes à 2 endroits différents et un enseignant en classe. Les cours à distance se transforment avec des séances par visioconférence et avec l’utilisation d’une plateforme asynchrone comme Moodle pour la documentation, les exercices, les évaluations formatives (et parfois même, sommatives). L’encadrement se transforme également grâce aux outils de communication synchrone (clavardage, visioconférence) et asynchrone (messagerie, courriel, forums).

Les stratégies de simulation ou d’improvisation offrent des situations authentiques d’apprentissage qui favorisent la rétention à long terme et le transfert des apprentissages dans d’autres situations. Ainsi, on peut soumettre aux étudiants un cas par équipe et leur demander de préparer un scénario de quelques minutes. Lors de la présentation, les étudiants qui observent sont invités à discuter des principes du concept présenté. Les acteurs de la simulation peuvent alors préciser leurs intentions tout en construisant leur savoir.

Les natifs du 3e millénaire ont une ouverture fascinante sur le monde. Pas étonnant, car avec l’internet, ils peuvent connaître les actualités mondiales et communiquer avec des citoyens d’un autre pays à la vitesse du réseau.

Un projet qui implique la découverte d’un pays ou d’une région devient une source de motivation, surtout si l’équipe choisit elle-même le sujet. Les possibilités sont variées, que ce soit au sujet de la langue, de la culture, du système politique, de la géographie, etc. Et pourquoi pas un échange avec des étudiants d’un autre pays dans la même discipline? Les ressemblances et les différences des 2 milieux généreront des discussions enthousiastes.

Conclusion

Selon Viau (2009), les activités proposées aux étudiants doivent être signifiantes, accorder le temps nécessaire et proposer un défi à relever. Si les activités proposées dans les cours sont reliées à leurs passions et à leurs intérêts, les jeunes sont plus réceptifs et consacreront davantage de temps à leurs études, car ils auront l’impression de se dépasser.

Les technologies utilisées en classe et hors classe offrent une réelle valeur ajoutée et rejoignent facilement cette génération. Montrez-leur comment faire et ils les exploiteront plus loin que vous ne l’auriez imaginé (Desrosiers, 2013).

Si vous désirez plus d’informations concernant les sujets présentés dans cet article, je vous invite à consulter la programmation des cours Performa. Plusieurs cours sont offerts aux premier et deuxième cycles concernant la motivation scolaire, les stratégies pédagogiques, l’intégration des TIC et l’apprentissage actif.

Partagez-vous cette lecture de la génération du troisième millénaire? Avez-vous des suggestions de stratégies et d’activités à proposer? N’hésitez pas à compléter ou à commenter.

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